Il faut désormais présenter un pass sanitaire dans les lieux de culture et de loisirs accueillant plus de 50 personnes.


À deux pas de l’entrée, ils sont interrompus. La contrôleuse leur demande leur pass sanitaire. Ils lui répondent avec un froncement de sourcils. Cette famille de trois enfants ont fait 45 minutes de route pour assister à deux séances de cinéma : une pour les parents, une pour les enfants. Il se trouve qu’ils n’avaient pas préparé les documents justifiant un pass sanitaire. « On a oublié que ça commençait aujourd’hui par rapport aux cinémas. On est un peu perdus avec toutes ces mesures et comme on ne suit pas l’actualité tout le temps, on s’est fait avoir. On n’a pas été assez vigilants », explique la mère de famille. Changement de programme donc, ils vont tenter de profiter du centre commercial adjacent au cinéma.

Quelques minutes plus tard, une femme et son enfant se présentent également. Même résultat. « Là je vais me rendre au restaurant dans le centre commercial, il n’y a personne pour contrôler. Alors pourquoi un endroit et pas l’autre ? Pour moi ce n’est pas logique » raconte-t-elle. Sa fille de 5 ans s’agrippe à sa main. Elles avaient prévu plusieurs activités au fil des jours à venir, mais prises de court par la mesure appliquée ce mercredi, « le programme qu’on avait prévu, tout est annulé », elle conclut contrariée.

Plusieurs visiteurs se défilent ainsi, sans pass sanitaire et majoritairement non informés de sa mise en place. Mais certains clients sont tout de même venus équipés. Un couple s’approche de l’entrée du cinéma. À quelques mètres du contrôle, ils dégainent déjà leurs attestations. « Il faut que les gens s’amusent et que la vie continue », s’exclame-t-elle avant de rejoindre son compagnon à l’entrée.

Non loin de là, sur les marches devant le cinéma, deux amies consultent le programme pour savoir ce qu’elles vont regarder. « Nous on a moins de 18 ans, donc pour nous le pass sanitaire ce sera à partir de septembre », explique l’une d’elle. À 14 ans, les deux filles apprécient qu’elles aient « plus de temps pour se faire vacciner, comme ça on pourra continuer à profiter à la rentrée », ajoute-t-elle.
 

Manque de visibilité pour les gérants des établissements


Si elle est vecue comme une contrainte pour certains clients, cette mesure a été également compliquée à mettre en place, selon les gérants des établissements concernés. Manager opérationnelle du site de la salle de sport Sporting Form au nord de Toulouse, Mélanie explique qu’elle a été prévenue « le mardi matin, de manière officielle avec les textes et les décrets, pour mettre en place le pass sanitaire lendemain. Heureusement qu’on est une salle assez organisée et qu’on avait anticipé la mesure parce que prévoir et prévenir 2 000 adhérents le jour pour le lendemain ce n’est pas évident »

Les membres semblent cependant se prêter au jeu. Ils se présentent à l’accueil, badgent leur pass et entrent dans la salle. Les mesures en ont quand même découragé certains selon Mélanie, « on a quand perdu 30% d’adhérents pendant la période de covid-19, sachant qu’on n’avait pas d’inscriptions pour compenser. On va avoir encore beaucoup de résiliations et on ne sait pas trop à quoi s’attendre pour août »

Un manque de visibilité donc, comme pour beaucoup de citoyens rencontrés devant les établissements. « Ça va être un peu un flou pour tout le monde, autant pour les professionnels que pour les clients et les consommateurs. On vit un peu au jour le jour malheureusement », conclut Mélanie.

 


Noémie Bouisset


 


Voir aussi