Un Perpignanais condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour l'assassinat de son ex petite-amie

Un Perpignanais condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour l'assassinat de son ex petite-amie
Pyrénées-Orientales
Par Léo Ardourel

Erika Troadec, 17 ans, avait été retrouvée poignardée à 35 reprises et égorgée en 2015 dans le parc Maillol à Perpignan 

 


Le verdict est tombé en toute fin de journée ce vendredi ... La Cour d'Assises des Pyrénées Orientales vient de condamner Kader Djidel à 30 ans de réclusion criminelle.

Une peine assortie d'une interdiction de séjourner dans les Pyrénées-Orientales pour une durée de 10 ans et d'un suivi socio judiciaire, avec injonction de soins, aussi pendant 10 ans. 

Ce perpignanais de 21 ans était jugé depuis mardi pour le meurtre de son ancienne petite-amie Erika Troadec en août  2015. Une affaire criminelle particulièrement atroce qui avait suscité beaucoup d'émotions dans le département. La salle d'audience était d'ailleurs pleine à craquer ce vendredi à l'heure du verdict. 

Le corps d'Erika avait été retrouvé dans un parc près du lycée Maillol. La jeune fille âgée de 17 ans a été poignardée à 35 reprises et égorgée. 

Le lendemain son ex petit-ami s'était présenté au commissariat et avait reconnu le crime, évoquant des motifs de jalousie et le fait qu'il ne supportait pas leur rupture.  En revanche il a toujours nié avoir prémédité son geste et plaide "un coup de colère". 

Une version qu'il a maintenu tout au long de ces 4 jours de procès éprouvants, mais qui n'a pas convaincu la Cour qui a suivi les réquisitions de l'avocat général. 

Une peine juste au vu de la gravité des faits selon Me Philippe Capsié, l'avocat de la mère d'Erika qui s'est constituée partie civile lors de ce procès. 

Me Philippe Capsié

De son côté Kader Djidel à l'intention de faire appel. Son avocat Me Jean Robert Nguyen Phung considère que les réquisitions de l'avocat général étaient certes "conformes" au regard de l'atrocité des faits, mais il regrette un verdict selon lui "disproportionné". 

Me Jean Robert Nguyen Phung

Guet-apens fatal

C'est donc bien la préméditation qui a été retenu par la Cour. Si Kader Djidel soutient depuis le début qu'il n'avait jamais eu l'intention de tuer Erika ce jour-là et qu'il s'était emparé d'un couteau qu'elle avait elle-même ramené, les éléments de l'enquête permettent d'envisager un tout autre scénario

En effet il a été démontré que Kader Djidel harcelait Erika depuis qu'elle avait décidé de mettre fin à leur histoire.

Une relation amoureuse qui avait pourtant bien démarrée, mais qui très vite vire au cauchemar au fur et à mesure que le jeune homme se montre de plus en plus possessif,  n'hésitant pas à faire "le tri" dans ses amis, à l'espionner, voire même se montrer violent verbalement et physiquement envers elle à plusieurs reprises. 

Etoufée, effrayée, Erika essaye tant bien que mal de s'éloigner, mais l'emprise du jeune homme est telle qu'elle finit toujours par retomber dans ses bras. 

Fin juillet 2015, quelques semaines avant les faits, Erika se décide à porter plainte pour la première fois contre Kader pour "séquestration et violence".  Elle demande même à un juge pour enfants d'être déplacée du département  car elle se dit "terrorisée" de le croiser. Une demande à laquelle n'accédera pas le juge. 

Suite à ce premier dépôt de plainte, la situation change comme le décrit l'avocat général Elodie Torres lors de son réquisitoire : " La cocote minute monte du côté de Kader Djidel. Il se sent trahi, il n'a plus d'emprise et comprend qu'il va être remplacé dans la vie d'Erika. Il sait qu'elle a tourné la page, ce qui va motiver son passage à l'acte.

Le 25 août 2015 Erika a rendez-vous avec un garçon au Parc Maillol, qui se trouve être un ex petit copain mais aussi un ami de Kader. Ce qu'elle ignore c'est que ce jour-là ce dernier l'attend caché dans les roseaux près de la rivière. Il surgit, la frappe une première fois au visage avant de sortir un couteau. Puis se met à la poignarder et enfin l'égorger. 

Pour le ministère public et l'avocat des parties civiles il s'agit-là clairement d'un guet-apens pensé par Kader Djidel : "La préméditation ne fait aucun doute dans ce dossier" insiste Elodie Torres, l'avocat général, pendant son réquisitoire. "C'est évident que Kader Djidel avait le couteau sur lui. Il a menacé de mort Erika quatre jours encore avant les faits, c'est lui qui a mis en place ce piège, [...] Un des témoins direct a même raconté lors de son audition avoir vu Kader sortir le couteau [...] Erika était toute belle pour aller à son rendez-vous. Pourquoi aurait-elle amené un couteau ? "

 

L'accusé demande pardon 

Même s'il maintient sa version des faits en niant avoir amené un couteau avec lui, Kader Djidel reconnaît avoir porté les coups de lames mortels. Il a plusieurs fois formulé des regrets au cours de son procès, notamment lors de l'une de ses dernières prise de parole ce vendredi avant les plaidoiries "Avec du recul je me rends compte que je voulais une relation mari/femme alors qu'elle avait juste besoin que je la lâche pour prendre son envol. A chaque fois je m'accrochais à l'espoir qu'elle m'aimait encore. Après ces 4 jours j'ai pu voir que j'étais égoïste. Je m'excuse auprès de ses amies, sa mère et ses proches. J'aimerais bien revenir en arrière. Je leur ai fait du mal. J'espère qu'un jour avec le temps vous me pardonnerez.". 

Un pardon que ses victimes auront bien du mal à lui accorder, mais qu'il aura sans doute encore l'occasion de demander si un noueau procès se tient en appel. 


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