Saint-Féliu-d'Avall : un village toujours traumatisé un an après le drame de Millas

Saint-Féliu-d'Avall : un village toujours traumatisé un an après le drame de Millas
Pyrénées-Orientales
Par Léo Ardourel

Une marche blanche est prévue ce vendredi après-midi en hommage aux 6 victimes.


14 décembre 2017, 16 heures et 7 minutes. Ce vendredi cela fera un an. Un an qu'un train et un bus scolaire transportant 23 enfants entraient en collision à hauteur du passage à niveau n°25 à Millas. Dans ce drame 6 collégiens ont perdu la vie, 17 autres ont été blessés. Des adolescents tous originaires de Saint- Feliu-d’Avall. Une commune traumatisée et qui porte toujours le deuil.

Depuis le début de la semaine dans le village tout le monde appréhende l'approche de cette date. Comme si le temps s'était à nouveau figé, replongeant tous les habitants un an en arrière dans ce douloureux souvenir. Les vitrines des commerces n'ont pas été décorées pour Noël, "Je le ferai peut-être la semaine prochaine, mais de façon très sobre" nous confie une commerçante du centre-ville. "On n'a vraiment pas le coeur à la fête, tous ces enfants qui sont partis on les connaissait bien". 

Le maire de Saint- Feliu-d’Avall Roger Garrido appréhende lui aussi cette journée de commémoration

Roger Garrido, maire de St Feliu d'Avall

Une marche blanche est prévue ce vendredi après midi. Tous ceux qui souhaitent rendre hommage aux victimes sont invités à participer. Le cortège partira à 14h du collège Christian Bourquin de Millas jusqu'au lieu de l'accident. Un lâcher de ballon aura lieu à 16h07. Le matin plusieurs cérémonies sont également prévues mais elles ne sont pas ouvertes au public. Une messe sera aussi célébrée à 18h en l'église de St Feliu d'Avall.

L'enquête accable la conductrice

Un an après la collision, plusieurs éléments de l'enquête mettent en cause la conductrice, malgré ses dénégations répétées.

La quadragénaire, "dévastée" par la mort de six des 23 collégiens qu'elle transportait, avait été mise en examen moins d'une semaine après l'accident pour homicides et blessures involontaires par imprudence.

"En l'état de l'instruction", les expertises démontrent que la conductrice du car aurait bien franchi le passage à niveau alors que les "barrières étaient fermées", indique à l'AFP le procureur de la République de Marseille Xavier Tarabeux, à quelques jours de la commémoration du drame.

"Les conclusions d'expertises ne montrent aucun dysfonctionnement du passage à niveau. Les avertisseurs sonores et lumineux étaient en état de fonctionnement", souligne le représentant du parquet de Marseille compétent pour les accidents collectifs.

Des témoins, notamment dans les véhicules qui se trouvaient en face du car, ont également confirmé que les barrières étaient fermées au moment de l'accident, rapporte M. Tarabeux tout comme le conducteur du TER lors de son audition peu après la collision.

Une expertise en accidentologie a récemment montré que la conductrice du car avait freiné brutalement après une phase d'accélération et que l'origine de l'accident provenait d'un freinage tardif de la conductrice. "L'analyse de son téléphone portable a néanmoins permis d'écarter toute utilisation de l'appareil avant l'accident", précise le procureur.

"Une remise en situation générale programmée dans les prochains mois sur le lieu de l'accident" devrait permettre aux experts d'en savoir encore davantage, précise M. Tarabeux, alors que la conductrice maintient la même version depuis le début de l'enquête.

Interrogée à trois reprises, elle soutient que "les barrières du passage à niveau étaient levées". "Elle n'a pas changé, elle maintient ses déclarations", a indiqué à l'AFP son avocat, Me Jean Codognès, qui précise que sa cliente est "toujours suivie par un psychiatre".

Me Jean Codognès, avocat de la conductrice du car
Me Vanessa Brandone, avocate de plusieurs familles de victimes

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