Labarthe-Rivière se réveillait tout juste ce mercredi matin quand la nouvelle tombait « je l’ai appris au poste, j’étais sous le choc » susurrait la boulangère, radio branchée sur 100%. Quelques habitants étaient dans la confidence, d’autres ont vu « les voitures de gendarmerie défiler » ou « l’hélicoptère faire des rondes » glissait la gérante du tabac. Le corps sans vie de Brice Louge a été retrouvé par les gendarmes mardi soir, dans son véhicule immergé dans le canal de Camon. A seulement quelques centaines de mètres de l’exploitation où il travaillait comme ouvrier agricole.

Les rares habitants écrasés par la chaleur ce mercredi oscillaient entre soulagement et perplexité « comment se fait-il qu’ils n’aient pas trouvé le corps plus tôt, alors qu’il était si proche de l’exploitation » tempête un septuagénaire venu voir le bras du canal où plongeurs et brigade nautique de la gendarmerie ont peut-être mis un point final au mystère. L’épaisse vase qui tapisse le fond a-t-elle empêchée les sonars, utilisés jusque-là, de détecter la présence du véhicule ? La voiture a-t-elle bougé avec le courant ? L’enquête, qui se poursuit sur commission rogatoire de la juge d’instruction Myriam Aché, permettra de le dire.

 

A droite de la photo les traces de remorquage du véhicule de Brice Louge, au deuxième plan se trouve l'exploitation sur laquelle il travaillait.

A droite de la photo les traces de remorquage du véhicule de Brice Louge, au deuxième plan se trouve l'exploitation sur laquelle il travaillait.

Une disparition sur fond d’adultère

 

Brice, garçon réservé mais bon vivant, « il aimait s’amuser » se souvient un de ses amis, est donc probablement mort dans la nuit du 19 au 20 février dernier à 30 ans. Le soir même, cet amateur de chasse avait été surpris dans le lit de Nadine, la compagne de son patron ;  avant de quitter la résidence cossue de sa maîtresse et ne plus jamais donner de nouvelles.

L’histoire commence comme un roman de gare, mais durant 5 mois d’investigations tous azimuts, les gendarmes de la brigade de recherches de Saint-Gaudens et de la Section de recherches de Toulouse n’ont pas trouvé le début d’un commencement de preuve de crime. L’information judiciaire ouverte par le parquet de Saint-Gaudens fait simplement mention d’une disparition inquiétante. La thèse de l’ouvrier agricole pris la main dans le pot de confiture et éliminé par la riche famille de propriétaires terriens humiliée ne tenait pas...  Plongée dans ce canal profond de 5 à 9 mètres, la Renault Clio de Brice porterait, selon nos informations, la trace d’un choc "dynamique". L’autopsie du corps était prévue ce mercredi. La découverte de mardi soir laisse penser à un accident ou un suicide, mais le procureur de la République de Saint-Gaudens Christophe Amunzateguy ne privilégie aucune thèse à ce stade.

 

Le deuil enfin possible pour les amis et la famille de Brice, « un garçon adorable »

 

Les amis de Brice Louge, les yeux embués, tentent de passer le cap, « c’était mon copain, je vis mal cette situation comme tout le monde ici, on l’aimait, Brice n’aurait pas dû partir » lâchait Joël Bergès, compagnon de chasse de la victime qui l’a aussi entraîné au club de foot local « sur l’aventure qu’il a eu avec sa patronne je ne sais rien ». Ces derniers mois les amis ont organisé des battues dans le secteur, mais aussi dans le Gers et près de Lourdes où le trentenaire aimait chasser « on a fait près de 4000 km » assure une jeune femme qui a même fait appel à un magnétiseur « il le voyait près de l’eau... »

Dans cette commune où tout le monde se connaît, les proches feront corps avec les parents de Brice dans cette épreuve. « C'était un garçon adorable, toujours positif, il aimait les copains » se rappelle Isabelle. La quinquagénaire dont le défunt mari « était le second père de Brice » est inconsolable ; « il adorait mon époux qui lui a appris la chasse, mon mari lui prêtait ses chiens, ils étaient constamment ensemble. » Isabelle a été visiter plusieurs fois les parents de Brice depuis la disparition, elle promettait de continuer « juste leur montrer qu’on est là pour eux ». Croisé rapidement devant son domicile, le père de Brice Louge, sourire figé pour cacher sa douleur, échangeait avec nous quelques mots de sa voix douce, avant de partir chez le médecin avec son épouse... On se rappelait les paroles de Joël, le copain de la chasse, « le deuil sera difficile pour les parents, c’était le fils unique, ils auront besoin de beaucoup d’aide... »

 

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