"Mon père est innocent, demain il rentre avec nous" affirme la fille du meurtrier présumé de Martine Escadeillas

Joël Bourgeon est accusé d'avoir tué la secrétaire de 24 ans disparue en 1986 à Ramonville. Le père de famille de 58 ans est jugé jusqu’à mercredi.

"Mon père est innocent, demain il rentre avec nous" affirme la fille du meurtrier présumé de Martine Escad
100% RADIO
Haute-Garonne
modifié le 05/07/2022 à 20:41

 

« Je n’ai pas tué Martine Escadeillas » répétait calmement Joël Bourgeon, ce mardi, face aux jurés de la cour d’assises de Haute-Garonne. Accusé d’un meurtre datant de 1986, cet ancien agent territorial de 58 ans a clamé une nouvelle fois son innocence. Les proches de la victime et les enquêteurs chargent depuis vendredi dernier cet ami de la famille Escadeillas, devenu suspect numéro 1 suite à une dénonciation en 1996. Le corps de la secrétaire de 24 ans, disparue à Ramonville, n’a jamais été retrouvé. Joël Bourgeon a reconnu les faits durant l’instruction, avant de se rétracter et d’accuser les pressions du juge et des gendarmes.

Pour Me Frédéric David, l’avocat de la partie civile, « en garde à vue Joël Bourgeon a donné des détails très précis qui n’ont pas pu être suggérés par les enquêteurs, c’est impossible » maintenait-il tout en regrettant une cour d’assises « prise en otage de la souffrance, bien compréhensible, de cette famille » ce mardi. 

 

Des proches persuadés jusqu’à l’irrationnel de l’innocence de « ce père aimant »

 

Ce mardi toujours, l’accusé était dépeint par un expert comme « un père aimant, un mari dévoué, un homme normal, sans aucune pathologie d'ordre psychique », tout juste «un peu maniaque». Venait le tour de Margaux à barre, dans une salle pleine à craquer la fille aînée de l’accusé dénonçait « toutes les horreurs dites » sur son père. Tout au long du procès les deux filles de Joël Bourgeon auront échangé des regards d’encouragement et d’amour avec ce père au banc de l'infamie. « On est fiers de son attitude, fiers de ma famille » expliquait Margaux Bourgeon qui attendait « avec impatience » le procès « pour s’expliquer et expliquer ce qu’il a pu dire en garde à vue ». Car Bourgeon a parlé. 

 

En larmes, la jeune contrôleuse de gestion racontait à la cour cette journée du 22 janvier 2019 où tout a basculé pour sa famille :  « Je venais de signer mon compromis d’achat, j’étais enfin propriétaire, je leur écris sur le groupe Whatsapp : pas de réponse », elle s’étonne. Le lendemain elle renvoie un message : toujours rien. Sa mère lui fait comprendre que son père est entendu à Toulouse pour une affaire vieille de 30 ans « je n’ai pas réagi, j’étais dans une sorte de déni » dira-t-elle. Elle ne saisit alors pas la gravité de cette audition. Jusqu’au lendemain où un reportage à la télévision affiche en bandeau "Joël B. a avoué". « Ma mère a éclaté en sanglots » en répétant comme une litanie « c’est pas mon mari... ». « C’était  complètement irréel » lâche Margaux qui croit dur comme fer en l’innocence de son père : « on est encore plus liés, rien ne pourra nous atteindre quand il sortira demain » se persuade-t-elle en pilier de cette famille unie face à une machine qui broie parfois, mais rend justice aussi. 

"Sortir demain" : une phrase un peu irréelle tant apparaît très hypothétique l’acquittement de Joël Bourgeon. La jeune blonde de 25 ans affirmait ne s’inquiéter que « parce qu’on est venu à deux voitures et je veux être avec mon papa pour rentrer, je n’ai aucun doute sur l’issue de cette histoire » ; « je sais qu’il est innocent, sinon il nous l’aurait dit. On ne peut pas construire sa vie comme ça et faire comme si de rien n’était » argumente-t-elle et « je ne comprends pas qu’il puisse être condamné demain, hormis que l’injustice continue, c’est pas envisageable, on ne condamne pas un innocent, demain il rentre avec nous ».

Les réquisitions de l’avocat général devraient intervenir en fin de matinée mercredi, verdict de la cour d’assises de Haute-Garonne attendu en soirée. L'accusé risque la réclusion criminelle à perpétuité.    

La partie civile a disposé des portraits de Martine Escadeillas dans la salle.

La partie civile a disposé des portraits de Martine Escadeillas dans la salle.


Voir aussi

Haute-Garonne

13/08/2022 09:17

Un habitant choqué a été pris en charge par les secours.

...

Haute-Garonne

12/08/2022 17:47

Les trois occupants ont été légèrement blessés. 

...

Haute-Garonne

11/08/2022 14:58

Le débit du fleuve baisse dangereusement. Il est soutenu par les réserves...