Menace sur le dernier train des primeurs Perpignan-Rungis

Menace sur le dernier train des primeurs Perpignan-Rungis
Pyrénées-Orientales
Par Léo Ardourel

Il pourrait disparaître fin juin 


Est-ce bientôt la fin du dernier train des primeurs vers le plus grand marché de produits frais du monde ?. 

La ligne fret ferroviaire entre Perpignan et Rungis pourrait bientôt s’arrêter. 

Depuis sa mise en place il y a 12 ans elle permet d'acheminer 400 000 tonnes de fruits et légumes par an vers la région parisienne grâce à une liaison quotidienne depuis le marché St Charles. 

Mais son avenir est aujourd'hui compromis car le contrat passé par deux transporteurs avec la SNCF arrive à échéance fin juin et ne sera sans doute pas renouvelé. 

En cause notamment des wagons vétustes et usés qui nécessiteraient des investissements trop lourds pour être renouvelés. 

C'est donc le transport routier qui devrait prendre le relais du rail, soit l'équivalent de 25 000 camions sur les routes par an. 

Un scénario qui suscite un véritable tollé. 

Cela fait plus de 3 ans que l'union locale CGT Perpignan Sud se bat sur le sujet du train des primeurs. En 2016 le nombre de trains par jour avait déjà été réduit, passant de 2 à 1. 

Un rassemblement pour réclamer le maintien de la ligne doit normalement avoir lieu le vendredi 24 mai à St Charles. 

Un appel a également été lancé en ligne avec une pétition.

"La disparition du dernier train de fret aurait également des conséquences dramatiques d’un point de vue social, plus d’une centaine d’emplois serait amenée à disparaître sur les deux chargeurs mais aussi, des dizaines d’emplois indirects dans les entreprises sous-traitantes et à la SNCF"

Mikaël Meusnier, cheminot CGT et conducteur du train Perpignan/Rungis

De nombreux élus ont également réagit; comme la présidente de la région Occitanie Carole Delga qui a déjà interpellé fin mars le président de la SNCF Guillaume Pépy pour dénoncer ce " non-sens économique et écologique ". 

Valérie Pécresse, son homologue à la tête de la région Ile-de-France, a indiqué avoir également saisi la SNCF "de cette décision absurde (...), contresens écologique absolu".

  Un émoi répercuté jusqu'au gouvernement: "Je ne peux pas (m'y) résoudre", a martelé dès vendredi sur LCI la ministre des Transports Elisabeth Borne, assurant alors vouloir réunir cette semaine "l'ensemble des acteurs" pour "trouver une solution". 

Selon nos informations cette réunion pourrait se tenir vendredi. 

Mikaël Meusnier, cheminot CGT et conducteur du train Perpignan/Rungis

 

"Remplacer les wagons coûte 30 millions d'euros" 

Interrogé ce mardi au sujet du fret ferroviaire, le patron de la SCNF Guillaume Pépy  affirme être "choqué" par cette perspective, tout en rappellant que "les wagons frigorifiques sont en fin de vie, et (qu')il faut en racheter des nouveaux".

Soit un investissement de "30 millions d'euros", estime Guillaume Pepy. "Si on les achète, il nous faut en face un contrat qui nous permette dans la durée de faire cet investissement".

 

​ Rungis à la rescousse 


  Rungis se dit cependant prêt à débourser 300.000 euros pour aider les transporteurs perpignanais Roca et Rey à "louer temporairement" des wagons plus modernes. C'est ce qu'a expliqué vendredi au Parisien Stéphane Layani, PDG de la Semmaris, société gérant le marché d'intérêt national (MIN) de Rungis. 

Le marché francilien aurait tout intérêt à conserver le train: il avait modernisé à grands frais sa gare il y a dix ans, un investissement de 20 millions d'euros réalisé avec la région, le conseil général et la SNCF.

 


L.A avec AFP 


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