Les blocages des prisons continuent suite à l'attaque de Condé-sur-Sarthe

Les blocages des prisons continuent suite à l'attaque de Condé-sur-Sarthe
Occitanie
Par Léo Ardourel

Ce jeudi, comme hier, des surveillants se sont mobilisés au pénitentiaire de Perpignan, d'Albi ou encore de Seysses. 


Les syndicats d'agents pénitentiaires ont décidé de bloquer l'entrée de la prison de Perpignan ce jeudi matin, comme hier (mercredi) en soutien à leurs collègues de Condé-sur-Sarthe.

On le rappelle mardi dans la matinée un détenu radicalisé a poignardé deux surveillants dans cette prison de l'Orne. L'assaillant disait vouloir venger Chérif Chekatt, l'auteur de l'attentat de Strasbourg.

À Perpignan, hier comme ce jeudi ils étaient une soixantaine tôt, rassemblés devant le centre pénitentiaire. La prison va tourner au ralenti et les agents font le strict minimum ce jeudi. 

Ils dénoncent la multiplication des agressions envers le personnel. Des détenus de plus en plus violents qui instaurent un climat d'insécurité permanent.

Les syndicats réclament des mesures urgentes pour assurer la sécurité du personnel pénitentiaire, et notamment pour faire face aux détenus radicalisés.

Frédéric Jenot délégué syndical FO pénitentiaire à la prison de Perpignan

Vers une reprise du mouvement de début 2018 ?

En janvier 2018 l'agression d'un surveillant de la prison de Vendin-le-Vieil par un détenu islamiste avait suscité une vague d'indignation au sein de la profession des agents pénitentiaires qui avaient entamé un long mouvement de protestation pour dénoncer leurs conditions de travail et réclamer plus de moyens.

Christophe Bigot le secrétaire du syndicat CGT pénitentiaire de la prison de Perpignan estime que depuis la sitation n'a pas évolué et laisse entendre que le mouvement lancé aujourd'hui pourrait se prolonger comme en 2018.

Christophe Bigot secrétaire du syndicat CGT pénitentiaire de la prison de Perpignan
Johann Reig secrétaire du syndicat UFAP UNSA de la prison de Perpignan

Plusieurs mouvements en Occitanie

Ce jeudi, des blocages sont aussi organisés à Seysses (31), à Albi (81), à Perpignan (66) ou encore Tarbes (65).

Mercredi, ce sont des dizaines d'agents qui étaient rassemblés devant le centre pénitentiaire de Muret, en Haute-Garonne.

Selon le syndicat UFAP/UNSA des retards d'appels ont été observés mercredi dans l'ensemble des établissements pénitentiaire de la région, notamment à à Seysses (31), Montauban (82) et Foix (09). 

"Nos portiques sont moins performants que ceux des aéroports!" 

Pour Laurens Maffre, représentant régional en Occitanie de l'UFAP/UNSA,  les problèmes de sécurité sont réels. " Un portique d'aéroport est plus performant qu'un portique d'une prison! Quand on a une suspcicion pour un visiteur, on ne peut pas fouiller, on ne va pas appeler la police à chaque fois ! ", explique-t-il.

500 matelas au sol dans les prisons d' Occitanie

Il demande des structures adaptées pour les détenus radicalisés. "Certains sont irrécupérables, il faut les mettre à part sinon ils risquent de recruter. Même les établissements dits plus sécuritaires, comme la maison centrale de Lannemezan (65) ne sont pas adaptés à ce genre de détenus", assure-t-il.

Il réclame aussi plus de personnel.
Mais le fléau c'est aussi et surtout la surpopulation carcérale : "On a plus de 500 détenus qui dorment sur un matelas au sol! On remplit la future maison d'arrêt de Muret, qui doit avoir 600 places, avant même qu'elle n'existe...Vous imaginez...", s'agace-t-il.  A Seysses ce mercredi soir, 85 détenus ont refusé de réintégrer leurs cellules pour justement dénoncer la surpopulation carcérale. La direction de l’établissement a fait appel aux Équipes Régionales d’Intervention et de Sécurité et tout est rentré dans l'ordre, sans violence vers 19h. 

Ecoutez Laurens Maffre avec Héloïse Thépaut pour 100% : 

Laurens Maffre veut plus de moyens
Laurens Maffre résume les revendications de son syndicat (Ufap Unsa)
Selon Laurens Maffre, la sécurité concernant les visiteurs doit être renforcée
Faut-il un Guantanamo à la française? Ecoutez la réponse de L. Maffre

 

A Albi, après un débrayage de 45 minutes mercredi matin, un vingtaine de surveillants bloquent ce jeudi l'accès à la maison d'arrêt. Bien entendu, la sécurité de l’établissement et la surveillance des détenus sont maintenues. A Albi, comme partout ailleurs, les surveillants sont sous le choc après les événements de Condé-sur-Sarthe. Ils dénoncent aussi l'agression d'un gardien à la prison de Château-Thierry, sérieusement blessé par un détenu à la gorge. Eux aussi, veulent plus de moyens :

Eric Pujol, du syndicat FO Penitentiaire Occitanie présent à Albi.

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