"Inconcevable de se dire que notre enfant est parti et qu'elle n'aille pas en prison une seule minute", déplore le père d'une victime du drame de Millas

La conductrice du bus scolaire qui avait percuté un train le 14 décembre 2017 à Millas a été condamnée ce vendredi à 5 ans de prison, dont 4 avec sursis. Elle n'ira pas en prison, mais fera sa peine sous surveillance électronique.

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Pyrénées-Orientales
modifié le 18/11/2022 à 18:15


5 ans prison dont 4 avec sursis. Voilà la condamnation de Nadine Oliveira à la suite du procès du drame de Millas.  Pour rappel, cette femme de 53 ans répondait, entre septembre et octobre derniers, d’homicides et blessures involontaires, après avoir percuté un train avec son bus scolaire le 14 décembre 2017 sur un passage à niveau de Millas. 6 collégiens étaient morts ce jour-là. 17 autres avaient été gravement blessés.  L’accusée a donc été reconnue coupable ce vendredi, mais n’ira pas pour autant en prison. Sa peine se fera à domicile sous surveillance électronique. Ce qui a eu du mal à passer pour certaines familles de victimes.

Un double regard sur la peine

Difficile de ne pas entendre le choc des proches ou des victimes elles-mêmes dans la salle de retransmission du délibéré du procès de l'accident de Millas ce vendredi. La réaction fut sonore lorsque la présidente du tribunal de Marseille a annoncé que la conductrice du bus allait effectuer sa peine de prison ferme chez elle, sous surveillance électronique. "Moi j'estime que quand on est reconnu coupable, il y a une sanction. Là, il n'y a pas de sanction, il n'y a rien", regrette Suzanne Fabresse. La grand-mère du petit Yonas, décédé il y a cinq ans, parle alors d'injustice. "C'est surtout pour mon fils. Il ne le supportera pas", témoignait-elle non sans émotion après le délibéré.

De son côté, Fabien Bourgeonnier se satisfait des peines annexes infligées à Nadine Oliveira. "En tant que parents, on avait demandé le fait qu'elle ne puisse plus conduire, ni accompagner d'enfants dans les cars scolaires. La décision va dans ce sens-là", explique le président de l'association "A la mémoire de nos anges". Car c'est bien à ce titre là qu'il réagissait de la sorte, impliqué désormais dans un combat de prévention routière et ferroviaire. "Maintenant, en tant que père, effectivement, j'aurais préféré qu'elle finisse en prison. II est inconcevable de se dire que notre enfant est parti et qu'elle n'aille pas en prison une seule minute", confiait alors le père meurtri du jeune Loïc.

Un appel qui ne passe pas 

Les avocats de Nadine Oliveira ont ensuite annoncé faire appel de sa condamnation. Une décision, là encore, difficile à comprendre pour Suzanne Fabresse. "Pourquoi ils font appel ? Elle n'a rien. Qu'est qu'ils veulent ? Qu'on lui déroule le tapis rouge pour rentrer à la maison?" La grand mère de Yonas dit vouloir "continuer à se battre". Elle souhaite désormais parler avec son avocat des suites qu'elle peut donner à ce délibéré. Le long périple du procès du drame de Millas n'est donc pas encore terminé.

 

Suzanne Fabresse, grand mère de Yonas
Fabien Bourgeonnier, père de Loïc
Suzanne Fabresse

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