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"Il est grand temps que la justice s’intéresse à d’autres pistes" clament les avocats de Cédric Jubillar

Le suspect numéro 1 dans l'affaire de la disparition de l'infirmière de Cagnac les Mines a été entendu pour la deuxième fois par les juges d'instruction chargés du dossier. Alors que d'autres pistes pourraient mériter une analyse approfondie... 

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3 décembre 2021 à 16h33 par Brice Vidal

 

Jusqu'ici à chaque moment important du calendrier Jubillar, un élément à charge sur le mis en examen fuitait. Cette fois c'est un élément qui instille le doute sur la culpabilité de Cédric Jubillar qui paraît dans la presse, alors que le peintre plaquiste de Cagnac-les-Mines était entendu par les juges d'instruction pour la deuxième fois ce vendredi dans le cadre d'un interrogatoire. Selon La Dépêche du Midi, la compagne de l'amant de Delphine Jubillar aurait passé "des appels compulsifs" vers "un numéro de téléphone inconnu" entre le 14 décembre et le 16 décembre. "L’analyse des relevés téléphoniques" fait état "de 145 appels téléphoniques passés par cette femme". 

Cédric Jubillar a été entendu pendant 5 heures par les deux magistrats instructeurs ce vendredi, il était assisté de ses trois avocats : Mes Emmanuel Franck, Me Alexandre Martin et Me  Jean Baptiste Alary. Les conseils du mis en examen ressortaient vers 15h30, estimant que "cet interrogatoire marque la fin du cycle Cédric Jubillar, et il est grand temps que la justice s’intéresse à d’autres pistes"  car s'agissant de la piste Cédric Jubillar "elle est épuisée" avec "un homme qui clame son innocence et un dossier qui manifestement peine à prouver le contraire." 

Sur une éventuelle autre piste Me Emmanuelle Franck ne souhaitait pas s'exprimer "à ce stade". Selon Me Alexandre Martin "il était temps que l'interrogatoire arrive et il est dommage qu'il ne soit pas intervenu plus tôt, tant les questions posées ont porté sur des éléments qui existent dans le dossier depuis longtemps". Cédric Jubillar a répondu "calmement et posément" indiquait Me Jean-Baptiste Alary. 

 

La défense détruit le travail des juges d'instruction 

Après ce premier interrogatoire portant sur la nuit de la disparition, Me Emmanuelle Franck dénonçait une enquête uniquement à charge "nous déplorons de constater que c'est une instruction menée par les gendarmes, dans la mesure où il n'y a aucun travail d'analyse qui est réalisé au stade de l'instruction" avec "des magistrats qui se contentent de poser les questions qui sont les mêmes que celles posées en garde à vue". 

La défense a indiqué qu'elle allait prochainement déposer une nouvelle demande de remise en liberté de leur client mis en examen et incarcéré pour meurtre aggravé depuis le 18 juin dernier. 

 

La défense ne décolère pas après les fuites liées aux déclarations du fils du couple Jubillar

Me Alexandre Martin dénonçait aussi ce vendredi "les irresponsables" ayant rendu publiques les déclarations de Louis, le fils de Cédric et Delphine Jubillar, entendu vendredi dernier. "Au final on parle d'un enfant de 6 ans que l'on vient mettre sous pression un an après, en lui demandant des précisions, qu'est ce que la mémoire d'un enfant de 6 ans ?" regrettait le pénaliste "nous relèverons les multiples contradictions et contre-vérités" mais "souvenez-vous des enfants dans les grandes histoires criminelles : Rambla, Murielle Bole..." alors "si l'accusation en est à vouloir faire tenir la culpabilité de Cédric Jubillar sur la parole d'un enfant de 6 ans entendu un an après, c'est que vraiment : ils n'ont rien d'autres"...