La sécurité dans les fêtes de village est en question, après le drame de Saint-Amans-Soult, dans le Tarn, ce weekend, où un homme a été tué d’un coup de couteau.
Quels sont les dispositifs qui sont mis en place dans nos nombreuses fêtes ? Sont-ils suffisants ? Et surtout, qu’en est-il de la consommation d’alcool parfois excessive, et qui peut entrainer des drames ? Quelles sont les règles, et doivent-elles évoluer ?

Prenons le dispositif de Saint-Amans-Soult, samedi dernier : on trouvait des camions ou des voitures pour bloquer les entrées de rues, conformément aux règles en vigueurs après les attentats qui ont touché la France. Les bénévoles du comité des fêtes sont également mobilisés, pour éviter le déclenchement de bagarre, et intervenir le cas échéant, par exemple. Le lieu où se déroule la fête est difficile à sécuriser, explique le maire de la commune Daniel Vialelle : « il y a une dizaine d’entrées possibles, et donc on ne peut pas mettre en place une fouille des personnes qui viennent. » Daniel Vialelle, qui d’ailleurs ne se représentera pas, aimerait que son successeur puisse réfléchir à « une évolution des fêtes », à savoir « recentrer sur les repas, et finir plus tôt par exemple. »

Car plus l’heure avance, plus il y a de chance que certaines personnes soient alcoolisées au-delà du raisonnable. C’est d’ailleurs l’un des enjeux importants, explique Frédéric Roussel, le directeur de cabinet du Préfet du Tarn : « nous travaillons pour que les boissons alcoolisées ne soient plus distribuées à partir d’une certaine heure, pour que la fête redescende doucement. Si la fête termine à 3h du matin par exemple, on doit arrêter de servir de l’alcool à minuit ou une heure. Une quantité de mesures sont prises, pour éviter les consommations d’alcool excessive. » Des mesures qui ne règlent pas tout, car il n’est pas rare que des fêtards viennent déjà alcoolisés.

Les dispositifs et les obligations en termes de sécurité ne sont pas les mêmes suivant la taille de la fête. Il existe trois paliers : moins de 1500 personnes, de 1500 à 5000 et plus de 5000. Les agences de sécurité privées ne sont pas obligatoires, selon la taille de la manifestation, et de nombreux villages font le choix de ne pas en avoir, pour des questions de coût.

Prenons le cas de l’une des plus grandes fêtes de village du Tarn, celle de Brassac. Cette année encore, elle s’est déroulée sans incident majeur. Plusieurs raisons à cela : une vingtaine de bénévoles du comité des fêtes sont entièrement dédiés à la sécurité, et un gros accent est mis sur la prévention. Gaël Corbière est le responsable sécurité des fêtes de Brassac : « on a créé une charte Bodega. Elle sensibilise les débits de boisson sur le service des jeunes, des mineurs, des personnes déjà alcoolisés… »

 D’une manière générale, le nombre d’incidents, des bagarres aux comas éthyliques, est en baisse lors des fêtes tarnaises ces dernières années. Un important travail entre les autorités et les organisateurs a été réalisé. Mais l’équilibre est fragile. Un membre d’un comité des fêtes conclut ainsi : « on peut tout faire -on fait déjà beaucoup- en terme de prévention, de sécurité, on peut même interdire l’alcool complétement, mais des bagarres, et parfois des drames, quand ça vous tombe dessus, on ne peut parfois rien faire pour l’éviter. »


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