Un débat de bonne tenue articulé autour des compétences de la Région.

 

 

Le grand débat des élections régionales en Occitanie se tenait ce lundi 14 juin 2021 à 19h sur l'antenne de 100%. Les candidats en lice pour le 1er tour de scrutin le 20 juin s’affrontaient dans les locaux du quotidien Midi Libre à Saint-Jean-de-Védas, sur le plateau monté par la télévision régionale viàOccitanie. Une grande soirée politique de 2 heures organisée avec nos partenaires du groupe La Dépêche du Midi, les journaux l’Indépendant, Midi Libre et Centre Presse.

Les 8 têtes de listes Malena Adrada, Jean-Luc Davezac, Jean-Paul Garraud, Aurélien Pradié, Vincent Terrail-Novès, Carole Delga, Myriam Martin et Antoine Maurice se sont prêtées au jeu des questions des journalistes O. Roirand, O. Biscaye, E. Berger et P. Mathis.

 

Première prise de parole de Malena Adrada (Lutte Ouvrière) qui réfutait le qualificatif de candidature de témoignage « il faut que les travailleurs de la région puissent voter pour des travailleurs comme eux, les précaires de la région ceux qui étaient aux caisses des supermarchés, qui soignaient les gens ». Jean-Luc Davezac (Liste Bastir) entendait faire connaître « les idées régionalistes». Carole Delga attaquait d’entrée Jean-Paul Garraud qualifiant le candidat RN de « danger pour la République et pour notre économie qui a besoin de confiance ». « Je ne suis pas d’extrême droite, ce sont toujours les mêmes poncifs pour faire peur, Mme Delga ne bénéficie pas de soutien populaire contrairement à moi » répondait la tête de liste Rassembler l’Occitanie.

Vincent-Terrail Novès (Nouvel élan pour l’Occitanie) incarnait « la 3e voie entre Carole Delga ses alliés écologistes et le RN », il assumait « oui je suis la liste de la majorité présidentielle » vantant les réussites du gouvernement « sur la stratégie vaccinale et les aides massives aux entreprises pendant la pandémie ». Antoine Maurice (Occitanie naturellement) voyait en l’écologie « la matrice de toutes les politiques publiques ».

 

ECONOMIE et EMPLOI

La première chose pour préserver l’emploi « c’est de ne pas les supprimer » lançait Myriam Martin (LFI). La candidate insoumise proposait « un conditionnement des aides » aux grandes entreprises « les salariés doivent être intégrés à ce suivi ». « Aujourd’hui on bricole »  déplorait Aurélien Pradié en évoquant le plan anti-faillite de Carole Delga, le candidat LR proposait un fonds souverain, « il existe déjà » contrait la présidente sortante. Jean-Paul Garraud promettait de supprimer les crédits de l’économie sociale et solidaire car « je n’ai pas la vision d’une économie sous perfusion » ; « Vous n’avez pas la vision tout court » lui rétorquait Carole Delga.

 

TOURISME

Quid du tourisme comme levier de croissance régional ? Vincent Terrail-Novès déplorait que l’Occitanie soit « seulement la 4e région de France à ce niveau » ; Carole Delga vantait sa décision : « 7 millions de billets de train à 1€ » pour aider le tourisme régional. « Les trains à 1 euro ç’a coûté 4,6 millions d’euros au contribuable » expliquait Vincent Terrail Novès qui appelait « à la mise en concurrence sur le réseau ferroviaire » ; fausse bonne idée tranchait le candidat LR « je n’y crois pas, ça n’a jamais marché pour les petites lignes » Aurélien Pradié pour qui la gratuité correspond « à la vision clientéliste socialiste ». Jean Paul Garraud revenait sur un thème de prédilection de sa campagne, la sécurité. Et d'expliquer que sur le littoral, « les transports gratuits » ce sont aussi « des gens malintentionnés » dans les wagons. Aurélien Pradié envisageait pour attirer les touristes de faire de l’Occitanie « la première région gastronome de France », quand Malena Adradra s'indignait d’entendre parler de gastronomie « alors que les précaires souffrent et vont aux restos du cœur ».

 

 

 

AGRICULTURE

Comment mieux accompagner l’agriculture et la viticulture en Occitanie ? La région « n’est pas comme je viens de l’entendre la première région viticole du monde » tentait Jean-Paul Garraud ; « pour les vins de qualité oui » raillait Carole Delga bien décidée à rendre coup pour coup au RN « apprenez à connaître la région » lançait-elle à JPG.

Les écologistes « sont les meilleurs alliés des paysans »« premières victimes du dérèglement climatique » en poussant « vers l’agroécologie » : opération déminage d'Antoine Maurice sur un terrain où il est fréquemment attaqué. « Je ne crois pas à l’écologie de la punition » réagissait Aurélien Pradié qui veut « un vice-président chargé de l’eau », et entend lancer « 200 projets de lacs collinaires ». A Vincent Terrail Novès qui évoquait sa visite dans un vignoble catalan pour dénoncer les mesures insuffisantes de l'exécutif régional, Carole Delga sûre de ses dossiers rétorquait « à Collioure et à Banyuls, les communautés de communes agissent pour lutter contre les friches agricoles » ajoutant comme pour couper l'herbe sous ls pied du candidat soutenu par la REM « nous devons être très offensifs sur le développement à l’international ». 

 

MOBILITES

Carole Delga réaffirmait son engagement en faveur des LGV : Bordeaux-Toulouse et Montpellier-Perpignan qui ont récemment reçu l’engagement de l’Etat. Aurélien Pradié rappelait pourtant l’absence « d’engagement budgétaire » de l’Etat en la matière. Pour Myriam Martin (LFI) « Les Etats généraux ont fait ressortir la nécessité de renforcer les trains du quotidien » et « nous n’avons pas avancé depuis 6 ans. » Garraud pointait l’échec de Carole Delga « et ses amis » sur la LGV « moins de 2% du réseau ferré est en LGV » en Occitanie. Chicaya aussi entre Aurélien Pradié et Vincent Terrail Novès « nous n’avons pas de gare à Rocamadour, je lui montrerai où les trains passent et où ils ne passent pas puisqu’il découvre la région » rigolait le député LR au dépend du maire de Balma.

Antoine Maurice appelait à relancer les projets de RER urbain soulignant son refus de faire « de Toulouse et Montpellier une banlieue parisienne ». Sur le soutien aux petits aéroports, une fracture se faisait jour entre d’un côté Davezac, Martin, Adrada, et Maurice tous favorables au désengagement régional et de l’autre Delga, Pradié, Garraud et VTN pour un maintien des aides de la collectivités en faveur des aéroports locaux (Castres, Perpignan, Tarbes etc...)

 

 

QUALITE DE VIE

Carole Delga veut faire recruter 200 médecins par la région, mais « gouverner c’est prévoir » pointait Myriam Martin « nous l’avions proposé et vous ne le découvrez que maintenant », « vous demandez la régionalisation de la santé alors que les gouvernements auxquels vous avez participé ont cassé le service public de santé ». « Madame Delga se prend pour une présidente d’un lander allemand, elle n’a pas le pouvoir de recruter des médecins, moi je veux m’appuyer sur la médecine libérale » lançait Jean-Paul Garraud. « Une Présidente de région a le droit de recruter des médecins en centre de santé » ; « c’est inquiétant que le candidat de l'extrême-droite soit aussi déconnecté des réalités de nos concitoyens, retournez à la fac ! » ripostait Carole Delga. Antoine Maurice proposait « un grand plan régional sur la qualité de l’air » quand Aurélien Pradié et Jean-Paul Garraud dénonçaient « l’aberration de l’éolien terrestre », pour le candidat LR l’écologie est une chose trop sérieuse « pour la laisser à un seul parti ». Vincent Terrail-Novès « favorable à la chasse » se disait convaincu de « pouvoir faire coïncider écologie et économie » dans un débat où les petites phrases assassines n'ont pas pris le pas sur le contenu et la pédagogie inhérente à ce type d'exercice.