Selon le conseil régional de l’ordre des pharmaciens, la plupart des officines d’Occitanie sont concernées.


Alors qu’une importante campagne de vaccination contre la grippe a démarré depuis le 13 octobre dernier (jusqu’au 31 janvier) dans toute la France, il n’est pas rare de tomber sur un patient qui n’a pas pu se procurer son vaccin en pharmacie. En pleine pandémie de la Covid, l’Agence Régionale de Santé a fortement incité à se faire vacciner lorsqu’on fait partie des personnes à risques. Problème, de nombreuses officines font face à des ruptures de stocks.


Une pénurie dès les premiers jours

Habitante de Perpignan, Martine s’est déplacée dans sa pharmacie dès la réception du bon de la sécurité sociale, qui lui recommande d’aller se faire vacciner contre la grippe. Sauf qu’arrivée devant son pharmacien, ce n’est pas possible. "Je demande mon vaccin parce que j’ai reçu le papier il n’y a pas longtemps. Je suis une personne à risque, et on me dit qu’il n’y a pas de vaccin. Est-ce que c’est normal ?".

​En effet, les pharmaciens ont été dépassés "dès les premiers jours" par la forte demande des patients. "On a à peu près 50 personnes sur liste d’attente qu’on ne peut pas fournir", nous confie Florence Darner, pharmacienne au Boulevard Clémenceau à Perpignan. Une situation incompréhensible pour Martine. "Ce n’est pas normal parce qu’ils disent que tout le monde doit se faire vacciner, donc ils auraient dû prévoir un peu plus de vaccins pour que les pharmaciens puissent subvenir à ces personnes", ajoute-t-elle.

 

Martine est venue chercher son vaccin en pharmacie à Perpignan

 

La campagne de vaccination à l’origine des ruptures de stock

Après avoir joint les représentants de la profession, on peut affirmer que le cas de cette officine perpignanaise n’est pas isolé, loin de là. C’est en tout cas ce que nous confirme Bruno Galan, président de l’ordre des pharmaciens d’Occitanie, qui voit plusieurs explications à cette pénurie. 

Elle est d’abord due à la grosse communication faite sur la vaccination qui a "très bien fonctionné", et donc poussé de nombreuses personnes à chercher leur vaccin dès le début de la campagne.  Deuxième raison, les personnes à risques sont venues en plus grand nombre depuis la crise, alors qu’ils n’étaient que "50% en moyenne à se déplacer pour se faire vacciner les autres années", précise Bruno Galan.  Enfin, "les livraisons ont été cadencées", ce qui explique différentes phases dans la campagne de vaccination qui s’établit jusqu’à fin janvier. 

Florence, elle, s'étonne que l'Etat n'ait pas pris les devants. "Le problème c’est qu’on nous fait faire des précommandes très tôt. Toutes les précommandes étaient validées au mois de janvier et on n’avait aucune information sur le Covid à venir.  Aujourd’hui, je ne comprends pas que le gouvernement, qui lui a bien vu la situation se dégrader depuis mars 2020, n’ait pas prévu de refaire une fabrication en urgence pour pouvoir satisfaire la demande." Les prochaines livraisons sont prévues à la mi-novembre. Pour de nombreux pharmaciens, il va donc falloir patienter avant de pouvoir enfin servir et vacciner ses patients.
 

Florence Darner, pharmacienne à Perpignan