Castres. De 12 mois à 3 ans de prison pour la violente rixe quartier Laden

Le Tribunal correctionnel de Castres (Tarn) a condamné hier 6 participants à la violente rixe qui avait secoué la cité du petit train à Castres, pendant le premier confinement. Les raisons du pugilat, elles, restent encore incertaines.

Castres. De 12 mois à 3 ans de prison pour la violente rixe quartier Laden
100% RADIO
Castres. De 12 mois à 3 ans de prison pour la violente rixe quartier Laden
Tarn
modifié le 12/01/2022 à 14:33

La journée du 17 avril 2020 semblait, au premier abord, plutôt calme dans le quartier Laden petit-train de Castres (Tarn), premier confinement oblige. Pourtant, en milieu d'après-midi, le silence qui s'était propagé entre les murs en béton des immeubles est perturbé par un bruit sourd. Un coup de feu. Puis très vite, l'agitation. « 10, 20, 30 jeunes », peine a décompter la substitue du procureur, se regroupent. Les coups-de-poing fusent, quelques balayettes. Puis des frappes à la machette et à la crosse d'arme de poing durcissent l'affrontement. « Lorsque les policiers dépêchés sur place appellent la permanence, ils nous décrivent une scène terrible avec du sang partout », se remémore la magistrate du parquet.

Cette rixe, « pas loin de tourner à la catastrophe », prend ses racines dans une intrusion. Trois individus pénètrent dans la cité avec leur Seat Leon, armés d'un calibre 9 mm et d'une machette. Étaient-ils venus se venger ? Prendre du territoire ? Sécuriser une transaction ? En tout cas, « ça se disputait sûrement à cause de la drogue », expose un riverain à l'audience. 

Audience cacophonique

La violence scène a failli tourner au drame. Deux des trois « étrangers » à la cité ont vu leur pronostic vital engagé. Ils étaient présentés aux juges ce mardi 11 janvier 2022 avec 4 autres jeunes résidant de la cité Laden petit-train. Les caméras de vidéosurveillance les montrent s'agiter, courir à toute vitesse sur les lieux de la bagarre puis, pour certains en fuir. « Je crois que mon client n'a jamais couru aussi vite de sa vie », plaisante l'avocat de l'un des prévenu qui expliquait, quelques minutes plus tôt, « avoir vu la mort en face ».

Les deux bandes sont côte à côte dans le tribunal. Les deux grièvement blessés, entourés des agents de l'administration pénitentiaire - ils sont actuellement détenus pour autre cause -, les quatre de la cité arrivé libre après avoir passé un temps en détention provisoire. Un sixième protagoniste était cité dans cette audience qui, exceptionnellement, s'est étalée sur toute la journée. Mais il ne s'est jamais présenté.

Les débats commencent cordialement. Un des prévenus expliquant même se présenter « serein », devant la justice. Mais l'audience devient peu à peu cacophonique. Les prévenus discutent entre eux pendant les déclarations, se coupent la parole. Excédés, la substitue du procureur intervient plusieurs fois, leur rappelant même « que nous ne sommes pas au salon ici ! ». Et lorsque les mots ne parasitent pas les débats, les regards glaçants entre les membres de ces deux bandes cristallisent les tensions. La nervosité tourne à l'exaspération lorsque l'un des prévenus demande en pleine audience, plutôt malhabilement, les coordonnées électroniques du parquet pour transmettre un document qu'il n'a pas présenté au préalable. Où lorsque son compagnon de bataille explique, sans aucune hésitation, « être payé à ne rien faire », « au moins il fait preuve de franchise », tente de désamorcer son avocat.

« Une caricature des cités »

Sur le fond, aucun ne nie avoir participé à la violence rixe. Cependant, lorsqu'il s'agit de déterminer les responsabilités exactes, les prévenus se renvoient la balle.

Décrivant une scène « digne des quartiers les plus malfamés de Chicago », le parquet requiert à l'encontre des 6 prévenus, des peines allant de 10 mois à 4 ans de prison. « Il va falloir remettre les pieds sur Terre, fustige l'un des avocats d'un prévenu. Le parquet essaye d'envoyer un message aux quartiers ! »

Après presque deux heures de délibération, le tribunal condamne les 6 prévenus à des peines allant de 12 mois à 4 ans de prison. L'un des prévenus repart même les menottes aux poignées, sous le coup d'un mandat de dépôt. « Arrête de me regarder, trou du c** va ! Il me nargue ! » lancera ce dernier à l'annonce du jugement, en direction de l'un de ses rivaux. Ultime semonce de la présidente du tribunal, menaçant d'aggraver leur peine pour tenter de rétablir un peu de calme.


Voir aussi

Tarn

20/01/2022 10:43

La gendarmerie a fait appel aux spécialistes de la Fouille opérationnelle...

Tarn

20/01/2022 09:59

Heureusement, pas de blessé à déplorer

...

Tarn

19/01/2022 16:19

Elles sont sorties du silence au troisième jour des recherches lancées à...