Attentats de Trèbes et Carcassonne en 2018 : procès requis pour une femme et six hommes

Radouane Lakdim - tué sur place - avait agi sans complice mais bénéficié d'une aide logistique et intellectuelle estime la justice.

Attentats de Trèbes et Carcassonne en 2018 : procès requis pour une femme et six hommes
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Attentats de Trèbes et Carcassonne en 2018 : procès requis pour une femme et six hommes
Aude
modifié le 05/08/2022 à 15:57

 

Le parquet antiterroriste a requis vendredi le renvoi devant la cour d'assises spéciale d'une femme et six hommes appartenant à l'entourage de l'auteur des attentats de Trèbes et Carcassonne en mars 2018, qui avaient fait quatre morts dont le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, a appris l'AFP de source proche du dossier.

Les investigations, qui ont duré quatre ans, ont conclu que l'assaillant, Radouane Lakdim - tué sur place - avait agi sans complice mais bénéficié d'une aide logistique et intellectuelle dans la préparation de ses attaques, marquées par le geste courageux d'Arnaud Beltrame. Le gendarme, âgé de 45 ans, s'était livré comme otage à la place d'une femme avant d'être égorgé.

Le parquet national antiterroriste requiert que la petite amie et le plus proche ami de l'assaillant, Marine P., 24 ans, et Samir M., 27 ans, soient jugés pour "participation à une association de malfaiteurs terroriste criminelle". Sofian B., aujourd'hui âgé de 24 ans et déjà condamné quand il était mineur pour avoir projeté de se rendre en zone irako-syrienne en 2017, devra lui être jugé pour avoir fourni un soutien intellectuel à Radouane Lakdim. Dans ses réquisitions, le PNAT réclame que deux autres hommes soient jugés pour "non-dénonciation de crime terroriste". L'un deux, beau-frère de l'auteur, devra aussi être jugé pour avoir nettoyé le domicile des Lakdim, emmenant un sac volumineux avec lui, avant une perquisition des policiers. Deux autres suspects devront être jugés pour des délits connexes notamment la détention d'armes. Le parquet sollicite en outre un non-lieu pour un informateur des renseignements, mis en examen depuis 2019 pour participation à une association de malfaiteurs terroristes criminelle.

Il revient désormais aux juges d'instruction d'ordonner ou non un procès aux assises.

 

Les attentats

 

Radouane Lakdim volait un véhicule le 23 mars 2018 vers 10h15 à Carcassonne, dans la cité Aigle, tuant le passager et blessant grièvement le conducteur. Vers 11H00, il prenait pour cible à plusieurs reprises un groupe de quatre policiers qui rentraient de leur footing, blessant l'un deux avec une arme de poing. L'assaillant roulait ensuite vers Trèbes. Vers 11H15, il laissait la voiture au parking et pénètrait dans un supermarché Super U, où se trouvaient une cinquantaine de personnes.

 

En y entrant, il criait "Allah Akbar" (Dieu est le plus grand, ndlr) et revendiquait être un "soldat" de Daesh. Appelés sur les lieux, les gendarmes interviennaient alors que Radouane Lakdim retenait des personnes en otage. Un lieutenant-colonel du groupement de gendarmerie de l'Aude, Arnaud Beltrame, 45 ans, s'offrait "comme otage au terroriste retranché" selon les mots d'Emmanuel Macron, sauvant ainsi la vie d'une otage civile.

 

L'assaillant menaçait de tout faire sauter en cas d'intervention des gendarmes. Une fois à l'intérieur, il tirait à plusieurs reprises sur le colonel grièvement blessé. L'assaut du GIGN permettait de neutraliser le terroriste à 14H20. Deux gendarmes étaient blessés au cours de l'opération. Arnaud Beltrame décédait des suites de ses blessures. Moins d'une heure après l'assaut du GIGN, l'EI a revendiqué les attaques, dans un communiqué de son organe de propagande Amaq.

 

L'auteur des faits

 

Né au Maroc le 11 avril 1992, Radouane Lakdim, vivait à Carcassonne. Fiché S depuis 2014, il était connu de la justice pour des faits de droit commun. Son casier judiciaire affiche deux condamnations: l'une en 2011 à une peine d'un mois de prison avec sursis pour "port d'arme prohibée" et l'autre en 2015 pour "usage de stupéfiants et refus d'obtempérer" à un mois de prison, peine effectuée en août 2016. En 2016 et 2017 il fait l'objet "d'un suivi effectif" des services de renseignements, sans qu'il n'ait pu mettre en évidence de "signe précurseur pouvant laissent présager un passage à l'acte terroriste" indiquait le procureur François Molins. Les proches de Lakdim étaient interpellés et placés en garde à vue dans la foulée.

 

avec AFP


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