Les questions de séparatisme religieux et de laïcité à l’école reviennent dans le débat après l'assassinat de Samuel Paty.

 

L’hommage national à l’enseignant décapité a lieu ce mercredi à la Sorbonne. Samuel Paty a été assassiné à proximité du collège où il enseignait à Conflans Saint-Honorine vendredi. Tué parce qu’il avait montré à ses élèves des caricatures de Mahomet. Les questions du séparatisme religieux et de la laïcité à l’école reviennent au centre du débat national de manière dramatique. Et les langues se délient partout, à Toulouse aussi, Ville rose marquée au fer rouge par le terrorisme en 2012 : une école déjà et un enseignant avaient été visés...

Cyril, syndicaliste, est professeur dans un collège toulousain. Il a été confronté aux dérives liées au religieux, en particulier à l’Islam ; "il m'est arrivé qu'une élève de confession musulmane refuse de rentrer dans une synagogue". 

 

 

Si l’Élysée promet des résultats à court terme face à "séparatisme islamiste", l’Islam rigoriste a depuis longtemps pénétré les établissements scolaires de Haute-Garonne estime Cyril ; "tous les collèges et lycées de Toulouse ont connu un jour ou l’autre des tensions autour du fait religieux". Et autour des réflexes traditionalistes qu’introduisent à l’école certains jeunes issus de l’immigration.

Par exemple la place de la femme comme figure d’autorité et de savoir pose problème à certains, "on a pu observé des élèves pour qui la parole d'une enseignante et moins crédible".

 

 

Aujourd'hui les langues se délient face à l’horreur de cet assassinat. Car une certaine forme d’Islam pose problème en milieu scolaire : prosélytisme agressif sur le ramadan, difficultés pour les enseignantes à être respectées ou encore des tensions lorsqu’un professeur veut évoquer un fait d’actualité.

A-t-on trop fermé les yeux sur ces dérives ? " ça fait un moment que les enseignants voient ce genre de tension. En 2015 on a eu un rappel brutal avec Charlie Hebdo, on avait observé une minute de silence et ça ne s'était pas toujours bien passé..." Selon le prof, sur les 150 établissements (collèges et lycées) de Haute-Garonne, "aucun n'est épargné par ces dérives".

 

Lucie Lescastreyres.