Le procureur de la République d’Albi a été suspendu. Alain Berthomieu avait en charge les premiers temps de l'enquête sur la disparition de Delphine Jubillar, l'infimière de Cagnac-les-Mines disparue mi-décembre dans des circonstances toujours inexpliquées à ce jour.

Le procureur d'Albi était alors chargé de diligenter l'enquête menée par le groupement de gendarmerie du Tarn. Des investigations menées dans un premier temps sous la simple qualification de "disparition inquiétante", et qui ne sont passées à la vitesse supérieure qu'une semaine plus tard, lorsqu'une information judiciaire a été ouverte au pôle criminel de Toulouse pour enlèvement et séquestration.

A partir de ce moment-là seulement, les enquêteurs, notamment les spécialistes de la Section de recherches de Toulouse, ont bénéficié d'un cadre légal pour lancer des investigations tous azimuts. Mais depuis l'enquête semble au point mort. Il faut savoir qu'un procureur de la République a la responsabilité de l'ensemble des enquêtes pénales ; il est chargé de saisir police ou gendarmerie lorsqu'une infraction est commise sur sa zone de compétence territoriale (le ressort). 

 

Pas de lien avec le "cold case" Jubillar selon le procureur général

Mais pourquoi cette sanction rarissime au sein de la principale institution judiciaire tarnaise ? On pense naturellement à l'affaire Jubillar. Pourtant selon le procureur général Franck Rastoul, "cette sanction n'a aucun lien avec l'affaire Jubillar", le patron des parquetiers du ressort de la cour d'appel de Toulouse n'a pas souhaité développer. 

Selon d’autres sources judiciaires, "une inspection a été menée" concernant l'activité du désormais ex-procureur d’Albi et cette mise à pied  serait liée à "des manquements graves, un comportement inapproprié et des défaillances caractérisées sur plusieurs dossiers." Alain Berthomieu fait l’objet d’une interdiction temporaire d’exercer en attendant une décision définitive du ministre de la Justice, Eric Dupont-Moretti. Le Garde des Sceaux engagera ou non des poursuites disciplinaires contre le grand patron des enquêtes dans le nord du Tarn (Castres possède aussi un tribunal judiciaire et un procureur de la République). Le parquetier pourrait être renvoyé devant le conseil de la magistrature et définitivement démis de ses fonctions. Un cas rarissime. 
 

Par ailleurs, nos confrères de Médiacités révèlent cette semaine la mutation du procureur de la République de Toulouse, Dominique Alzeari, pour des raisons purement managériales. Ce dernier aurait choisi d'être muté à la cour d'appel de Paris, parmi la cinquantaine d'avocats généraux exerçant sur le ressort. Lui n'a jamais eu, hormis sur la communication, à piloter l'enquête Jubillar. Cette dernière étant, dès son transfert au pole criminel de Toulouse, aux mains des juges d'instruction. Début juin, une pétition demandait au procureur de la République de s’exprimer sur ce dossier.  

 

LB avec BV.