Le procureur de la République s'exprimait ce vendredi

 

Cédric Jubillar a été mis en examen pour meurtre aggravé, ce vendredi, par les deux magistrats instructeurs chargés du dossier au pôle criminel de Toulouse, nous indique une source proche de l'enquête. 6 mois après la disparition de Delphine Jubillar, l'enquête s'oriente définitivement vers la thèse du féminicide.

Le peintre-plaquiste d'une trentaine d'années, Cédric Jubillar a toujours nié toute responsabilité. Et pendant sa garde à vue, "il a maintenu ses déclarations malgré de longs interrogatoires. Et dément toute implication dans la disparition de sa femme", selon une source proche du dossier. "Les auditions se sont terminées vers 03H00 du matin (vendredi)", a confié son avocat, Me Jean-Baptiste Alary. 

 

Des poursuites "ahurissantes" selon son avocat

Contacté, le pénaliste albigeois, estime que  "à ce stade sans corps, sans connaître les origines d'un décès dont on ignore jusqu'à la réalité, retenir une intention homicide est ahurissant". 

Mercredi, Cédric Jubillar, sa mère et son beau-père avaient été placés en garde à vue, des incohérences ayant été relevées entre différents témoignages. Mais la mère et le beau-père ont été relâchés, selon le procureur.

L'artisan plaquiste avait signalé aux gendarmes la disparition de la mère de ses deux enfants de 2 et 6 ans dans la nuit du 15 au 16 décembre à Cagnac-les-Mines, près d'Albi. Le couple était en instance de divorce.

 

Le Procureur de la République de Toulouse s'exprime

 

Dominique Alzeari le Procureur de la République de Toulouse, flanqué du Colonel Philippe Coué et du commandant Nicolas Ledet patron du groupement de gendarmerie du Tarn, prenaient la parole vers 16h15. Ils incarnaient la première prise de parole des enquêteurs, après 6 mois d'investigations. Il confirmait "plus de 2500 actes de procédures, de ratissage avec des moyens allant jusqu'à plus d'une centaine de gendarmes". Il fallait "répondre aux interrogations des victimes" a déclaré Dominique Alzeari. 

 

Le suspect maintient ses dénégations 

Suite à sa garde à vue, Cédric Jubillar a bien été "mis en examen pour homicide volontaire par conjoint" et a été incarcéré. "Mr Jubillar conteste son implication dans cette affaire", il aura "à developper sa défense dans le cadre du respect de la présomption d'innocence. "

 

Les thèses accidentelle ou de la disparition volontaire exclues

Delphine Jubillar a disparu "avec son téléphone portable qui a fonctionné jusqu'à peu avant 23h", téléphone "qui n'a plus jamais fonctionné à partir de 7h48 du matin. Elle serait partie sans son véhicule, son sac à main, sans lunettes..." Pas normal jugeait le parquetier, "cette disparition ne saurait être considérée comme volontaire." La thèse de la chute ou de l'accident "a été exclue pour cette raison." Elle n'allait pas "abandonner ses enfants", "elle avait des projets de vie, un travail et avait engagé une procédure de divorce".

 

Des déclarations changeantes

Il y a bien eu 180 appels de Cédric Jubillar "dans la nuit vers le téléphone de son épouse. Et plus rien dès le matin" Par ailleurs Cédric Jubillar a fourni "des explications contradictoires". Il a évolué sur plusieurs points "à différents moments de sa garde à vue." Cédric Jubillar avait par exemple déclaré dans un premier temps que sa femme avait sorti les chiens, il indique désormais que c'est lui qui a sorti les animaux. On a affaire à un crime "il fallait que ce soit matérialiser par une mise en examen".

 

C. Jubillar a lavé une couette la nuit de la disparition et le véhicule du couple a changé de position

Des comportements du mis en cause posent question. Cédric Jubillar "a lavé une couette le soir de la disparition vers 4h50 du matin" prétextant que "les chiens l'avaient salie" c'est plutôt "incongru". Par ailleurs le véhicule "c'est attesté par l'enquête", "a changé de place" dans la nuit. On y a retrouvé "de la condensation," un expert précise que "c'est dû à une présence humaine dans la voiture." 

Contrairement à ce qu'affirme Cedric Jubillar, le fils de 6 ans a entendu "une violente dispute entre les parents le soir de la disparition", c'a été confirmé par le voisinage qui a entendu "des cris stridents".

Le podomètre intégré au téléphone de Cédric Jubillar trahirait selon les enquêteurs le fait que le mis en cause n'a pas cherché Delphine Jubillar lorsqu'il s'est aperçu de sa disparition : " il y a peu de recherches engagés d'un point de vue physique, en tout et pour tout il y a 40 pas qui ont été faits" il affirme aux gendarmes que "c'était pour ne pas déranger". 

"Il faudra dans le cadre de l'enquête se pencher sur la personalité de Mr Jubillar" quant aux déclarations dans les médias de la nouvelle compagne de Mr Jubillar "elles sont assez éloignées de ce qu'elle a déclaré sous serment aux enquêteurs".