Didier T. vient d’être lourdement condamné par le tribunal correctionnel de Toulouse.

 

Didier T. vient d’être condamné à  8 ans de prison par le tribunal correctionnel de Toulouse. Le procureur de la République avait requis 9 ans de prison ferme le 28 juillet dernier lors de l’audience « une peine lourde à la mesure de l’ampleur des agressions » expliquait l’avocate de la partie civile Me Nelly Magendie. Le prévenu devra aussi respecter un suivi socio judiciaire de 5 ans et aura interdiction de travailler en contact avec des mineurs. Le tribunal a pris en compte "l'impact sur les victimes et leur nombre, ainsi que la durée des faits"

Durant une quinzaine d’années le prévenu s’est en effet livré à des atteintes sexuelles sur des mineurs et des jeunes majeurs, le dossier comptant 23 victimes âgées de 11 à 26 ans, « il y en a eu probablement plus » glissera l’avocate toulousaine chargée - avec Me Frédéric Lonné représentant l’association de victime "Colosse aux pieds d’argile" - de défendre les victimes. Suite à l’enquête des gendarmes de la brigade de recherches de la compagnie de Toulouse-Mirail, le prédateur pédophile aura reconnu 22 agressions, mais pas celle d’un enfant de 11 ans. Il a été mis en examen et placé en détention le 28 février 2020.

 

L’emprise psychologique de l’éducateur pédophile

A l’époque des faits, l’homme en impose avec ses 150 kilos, il entraîne les gardiens du club avant de devenir l’homme à tout faire, « il s’est rendu indispensable » explique Me Magendie. Didier T. exerçait « une emprise psychologique » sur ses victimes, « on est proche de la manipulation mentale, il prenait soin de s’attaquer aux jeunes les plus faibles, ceux qui avaient des problèmes de famille, qui avaient subi un décès » ; il offrait des cadeaux aussi « il a même prêté 4000 euros à une mère de famille, offrait des survêtements neufs, signait des chèques allant jusqu’à 500 euros » selon l’avocate.

Puis après la bienveillance, apparaissait la face sombre du bonhomme. L’éducateur s’enfermait avec les jeunes garçons, proposant de leur couper gratuitement les cheveux. Les victimes « devaient être nues » ou « habillée d’un petit short qu’il fournissait » ; les sévices commençaient : le pédophile proposait à ses victimes « de leur raser les poils du pubis », il se rendait coupable d'attouchements « au prétexte de leur passer une crème hydratante ». Une jeune victime a même subi une fellation. Pour l’avocate de la partie civile, le prévenu « échafaudait des stratagèmes » pour ses agressions, utilisant même la salle des arbitres pour s’en prendre aux jeunes garçons « la plus éloignée, avec plusieurs verrous à franchir ».

 

Des victimes satisfaites du délibéré

Les familles de victimes, présentes lors du délibéré ne cachaient pas leur satisfaction ce mercredi, « on est heureux même si ça effacera pas le mal qu'il a fait » expliquait, soulagée, Hélène la mère d'une victime se disant aussi « en colère contre le club, quand mon enfant était petit j'ai vu qu'il n'était pas normal. A l'époque on ne m'a pas écouté. Pourquoi le club n'a rien vu ? Le président ,ne devrait plus être là » . « C'est une libération [...] on est content car ce sera plus facile de se reconstruire. » lâchait Anthony, jeune garçon victime du pédophile. 

 

Alerté, le club n'aurait pas pris l'affaire au sérieux

Reste à comprendre la passivité de la direction de l’Etoile d’Aussonne qui aurait été alerté de ces agissements « avaient-ils peur qu’il démissionne ? » questionne l’avocate. Dans cette affaire douloureuse, les victimes ont décidé d’agir « pour aider les autres » explique Me Nelly Magendie qui a déjà eu connaissance de deux autres victimes présumées « l’une a envoyé un message à un de mes clients pour le remercier d’avoir parlé, l’autre m’a contacté, j’ai compris qu’il figurait au tableau des nombreuses victimes de Didier T. » 

Le mis en cause est apparu mutique lors du procès le 28 juillet « tétanisé par la pression de la foule présente » dira son conseil Me Alain Rouillé, lequel attendait « un jugement et non un châtiment » eu égard au fait que son client « regrette », il est considéré comme « réinsérable » par les experts psy. « Didier T. n’est pas un prédateur » ajoutait-il, et « a pris conscience du mal qu’il a fait au moment de sa garde à vue. Il ne pensait pas faire souffrir et ne recommencera plus. »

Sur le site Internet de l’Etoile d’Aussonne, on pouvait encore lire ce mercredi 04 août 2021 à propos du prévenu « Didier le super dirigeant. Je crois savoir que Marvel travaille sur un projet de création d’un nouveau comics pour jouer le rôle de Didier au cinéma avec les AVENGERS tellement il est exceptionnel ! […] Qualité : sa franchise. Défaut... il ne veut jamais être pris en photo ». Le prévenu apparaissait toujours mercredi 04 août 2021 au titre de la commission médicale de l'EA. Malaise...

Quelques heures après la publication de cet article, le club nous contactait, soulignant qu'il s'agit "d'archives" écrites "par des bénévoles" qui seront "neutralisées" "par respect pour les victimes".

 

Anthony, une victime.
Hélène, mère d'une victime.
Me Alain Rouillé, avocat de la défense.
L’avocate de la partie civile Me Nelly Magendie

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Selon des témoins, la victime aurait sauté d'un pont au dessus de la rocade.

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22/09/2021 10:53

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