"10 ans qu’il nous oblige à ne pas oublier" : un 3e procès à Montauban pour Florian Varin, le routard du viol

Condamné deux fois à 30 ans de réclusion criminelle, le violeur en série est rejugé par la cour d’assises de Tarn-et-Garonne.

"10 ans qu’il nous oblige à ne pas oublier" : un 3e procès à Montauban pour Florian Varin, le routard du
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Haute-Garonne
modifié le 18/10/2021 à 15:57

 

Après Toulouse et Albi, Florian Varin est jugé une troisième fois par une cour d’assises, cette fois à Montauban. Celui que l’on surnomme le routard du viol a déjà été condamné en 2015 et 2018 à 30 ans de réclusion criminelle pour six viols et une tentative de meurtre notamment à Rennes, La Rochelle ou Toulouse. La cour de cassation a ordonné un nouveau procès. « 10 ans qu’il nous oblige à ne pas oublier » commente une de ses victimes qui a souhaité garder l’anonymat. Elle témoignera ce mardi.

 

Le « beau gosse » s’excuse : « je n’étais pas moi-même... »

 

L’ambiance était pesante ce lundi matin. Dans la salle d’audience, la plupart des victimes sont présentes. L’accusé est incarcéré depuis 9 ans. Blond, cheveux courts et barbe de trois jours, il affirme avoir changé. Vêtu d’un gilet et pantalon gris celui qui se définit comme « un beau gosse qui présente bien » estime « je n’étais pas moi-même à l’époque des faits, ce n’est pas la personne que je suis aujourd’hui ». « Je suis désolé d’avoir commis autant de mal, c’est vrai qu’il y a eu des refus et je lui ai maintenu les poignets et les bras » reconnaît-il face aux questions de l’avocat général David Sénat.

 

« Tu as détruit ma vie, tu es un gros fils de p… »

 

Et des refus il y en a eu. A l’ouverture du procès, une jeune femme témoigne en larmes. Varin avait une vingtaine d’années quand il l'a violée à Rennes. Il fait sa connaissance en 2012 et insistera lourdement pour dormir chez elle. Le prédateur s'en prendra à la jeune femme dans son clic-clac. Aux suppliques de sa victime il répondra « attends que je termine ». Plus tard, les échanges de sms seront sans équivoques : « tu m’as poussé à faire cela » écrira-t-il pour la faire culpabiliser. Sidérée, elle ne portera plainte que 6 mois plus tard. Aujourd’hui il semble faire amende honorable, « je sais que j’ai pris une partie d’elle » : une phrase qui fera sortir la victime de ses gonds : « tu as détruit ma vie, mes projets, tu es un gros fils de p…, un gros c… je t’avais dit non !» hurle-t-elle directement à Varin. Le Président Noël Picco laisse faire. « Et quand tu sortiras et qu’une femme dira non, tu feras quoi ? » demande-t-elle à l’accusé. « Rien ? Je ne te crois pas » lance la victime. Toutes sont persuadées qu’une fois dehors, il réitèrera : « il recommencera, il a exactement le même air sympathique qu’il y a 10 ans » pense Nathalie (son prénom a été modifié). 

 

Marie, violée et laissée pour morte dans une poubelle

 

« J’étais dans un état d’esprit de toute puissance, éduqué au porno, je fréquentais des escort-girls, aujourd’hui cela fait 9 ans que je respecte les règles : je sais où est le mal et où est le bien » se défend Varin. Un plaidoyer difficile à entendre pour Marie, la trentenaire a été tabassée et violée par l’accusé à Toulouse au bord du canal « au moment de taper le code de l’immeuble, il est arrivé derrière moi, il a parlé 30 secondes et m’a demandé un câlin, j’ai refusé ». Varin la tabasse, la projette contre un mur de boite aux lettres « quand je me suis réveille il était à califourchon sur moi, il m’avait trainé. » L’agresseur l’étrangle « j’ai perdu connaissance, j’ai eu un écrasement des cordes vocales et de la trachée ». D’une main il arrache la culotte. Et la viole. « Il m’a cru morte sans doute, pour se débarrasser de mon corps il m’a mis dans une benne à ordures ». A son réveil, la victime se pensera séquestrée dans le coffre de voiture de son agresseur.

Nathalie a aussi vu sa dernière heure arrivée, violée à La Rochelle à la sorte d’une boite de nuit en 2012 ; « il m’a abordé, avait l’air sympathique et m’a proposé de me ramener en voiture ». En confiance, la jeune femme de 18 ans s’endort « je me suis réveillée on était au milieu d’un champ, j’ai cru que c’était fini pour moi. Son visage, son regard avaient complètement changé... »

L’accusé est défendu par Mes Alexandre Martin et Emmanuelle Franck. « L'évolution de la personnalite de notre client est réelle » plaide cette dernière qui souligne pour la tentative de meurtre de Toulouse que « mon client n'a pas voulu tuer cette personne et un expert viendra l'expliquer devant la cour ». Les différentes parties civiles sont représentées notamment par Mes Elsa Coreilla-Barberis, Laurent De Caunes, Guy Debuisson, Franck Berton et Charles De Luynes. Le procès court jusqu’à vendredi.

 


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