Le pilier du Castres Olympique, Wilfrid Hounkpatin, vient de rejoindre le XV de France dans le groupe des 42 joueurs qui préparent le Tournoi des 6 nations.

Remarquable, pour ce joueur qui évoluait il y a encore deux ans en Fédérale 1. Il nous a réservé ses premières impressions :

 

Comment as-tu appris la nouvelle ?

C’était dimanche soir, j’étais chez moi en famille, en train de m’amuser avec le petit.

Le téléphone sonne, et c’est mon fils qui tapote sur le portable qui décroche. Je prends l’appareil, je ne connaissais pas le numéro, et j’entends « bonjour, c’est Fabien Galthié, comment tu vas ? » Il m’a demandé si j’étais en forme, et puis il me dit que Dorian s’est blessé et qu’il a besoin de moi pour rejoindre les 42. Il me demande "est-ce que tu veux nous rejoindre ?" J’ai dit oui direct !  (rire)

Après, les coups de fils se sont enchainés, j’ai eu Raphaël Ibanez…ça a été précipité, je n’avais même pas mes crampons parce qu’ils revenaient d’Angleterre avec le bus ! J’ai eu Mauricio, je suis allé au Levezou chercher des crampons, et puis ma femme m’a déposé à Castelnaudary, d’où j’ai rejoint Nice.

 

Qu’est-ce que tu te dis à ce moment-là, quand tu apprends la nouvelle ?

Je suis surpris, je me fige un peu, je me demande si c’est vrai…Et puis après, l’excitation monte ! Et puis je me pose pleins de questions, qu’est-ce qui va se passer, qu’est-ce que je dois faire…C’était un peu l’euphorie.

 

Que représente pour toi le XV de France ?

C’est le rêve ultime, le rêve de tout joueur. C’est énorme. Tu as envie de tout donner pour ton club quand tu es en club, l’équipe de France c’est encore un cran au-dessus, faut que tu te donnes jusqu’au sang. C’est une fierté, j’espère que ma famille, les supporters de Castres, mes coéquipiers seront fiers de moi, parce que c’est un travail d’équipe si je suis  là ! Oui j’ai travaillé, mais j’ai surtout connu des joueurs qui m’ont forgé.

 

Tu réalises justement le travail accompli depuis ton arrivée de Rouen, en fédérale ?

C’est sûr que j’ai travaillé ! Ca a été dur, surtout les premiers mois, c’était très difficile. Heureusement j’avais la chance d’avoir ma femme qui me poussait, la motivation de mon fils à naitre…Je n’ai rien lâché, et quand on m’a donné ma chance, j’ai su la saisir, parce que j’étais conscient des sacrifices réalisés. J’en prends encore plus conscience quand je reçois les messages de félicitations de mes potes de Rouen.

 

On imagine que ton téléphone n’arrête pas de sonner ?

C’est clair, hier (lundi) la journée a été longue et je n’ai pas regardé le téléphone. Hier soir, j’avais tellement de notification que j’ai préféré me coucher (rire). Et ce matin, je réponds petit à petit à tout le monde, je prends conscience de la chance que j’ai d’être ici !

 

Avec qui partages tu la chambre ?

Je partage ma chambre avec Alexandre Fisher, le troisième ligne de Clermont, il est super gentil, lui aussi est un peu une surprise du groupe de 42, du coup on partage et on découvre ça ensemble, c’est bonnard !

 

Quel est le programme pour les jours à venir ?

Très chargé ! On fait pas mal de théorique, du terrain pour faire du rugby structuré, l’organisation, les bases quoi. Il faut qu’on intègre ça rapidement pour le travailler à haute intensité. Et puis musculation, visites avec le docteur…Ca va aller très vite.

 

Jeudi midi, on devrait savoir quels sont les 28 joueurs qui sont gardés pour préparer le match du Tournoi. Les autres rentreront en club pour les matchs du weekend.

 

Photo : Patrick Olombel