La scène avait été diffusée sur les réseaux sociaux.

 

L’affaire avait choqué. Révulsé. 25 secondes d’une scène de viol collectif était repérées sur les réseaux sociaux le 17 septembre 2018, puis partagées des milliers de fois et signalées aux cyber enquêteurs de la gendarmerie nationale.

 

Des faits abjects

La scène se déroule le 16 septembre vers 6 heures du matin sur le parking du « Carpe Diem ». Une discothèque prisée des Toulousains. Une jeune femme apparaît string baissé, robe relevée, visiblement ivre. Plusieurs hommes pantalons dégrafés la maintiennent, la bousculent, lui tirent les cheveux, la bâillonnent. Et la pénètrent. Obscènes, ils obligent la victime à exécuter des fellations. Un attroupement se forme. Certains filment. La victime sera finalement abandonnée dans un roncier par ses agresseurs qui ont renié le temps d’une "tournante" leur humanité. Des bêtes. On ne retrouvera pas l’auteur de la vidéo. Ni Facebook, ni Snapchat, ni Instagram ne répondront favorablement aux réquisitions de la justice toulousaine.  

 

Trois suspects quittent le territoire français dès la médiatisation de l’affaire

Alors les gendarmes de la brigade de recherches de la compagnie de Toulouse Saint-Michel appuyés par leurs collègues de la Section de recherches vont enquêter. Pas à pas. Après tout, les téléphones ça borne. Et la vidéo protection de l’établissement fonctionnait. Des investigations vont rapidement émerger neuf suspects dans le cadre de l’information judiciaire ouverte le 19 septembre. Trois intéressent particulièrement les limiers de la gendarmerie, car ils ont quitté le pays direction l’Espagne ou l’Afrique du Nord lorsque le scandale a été médiatisé. Les traces ADN identifiées sur les habits de la victime correspondent aux trois fugitifs. Bingo. A leur retour les mis en cause seront interpellés et mis en examen pour viol en réunion. Un quatrième suspect sera interpellé par la police judiciaire à Toulouse, identifié comme étant un « curieux » venu participer à l’hallali le soir du crime comme s’il s’agissait d’un passe-temps récréatif.  

 

Verdict attendu jeudi ou vendredi

Lors de l’instruction, les mis en cause se renvoient la responsabilité de la commission des faits. Nient les pénétrations. Ou affirment que la jeune femme était consentante. Mais les faits sont têtus. Les images, la génétique et leurs départs précipités sans utiliser d’aéroport ne plaident pas en leur faveur. Les profils psy ? Pas particulièrement dangereux, ni habitués des salles d’audiences. Des carences éducatives pour certains, et encore pas tous. Mais ces individus aujourd'hui respectivement âgés de 22, 24, 28 et 29 ans auront vraisemblablement ce matin-là saccagé la vie d’une jeune femme, aujourd’hui âgée de 22 ans. Cette victime qui, entendue par la magistrate, n’arrivera pas à verbaliser la nuit du viol et sera obligée d’écrire ses souvenirs. Traumatisée, la Tarnaise est depuis suivie par des psychiatres et des neuropsychiatres. Les accusés, représentés par Mes Catala, Marty, Cochard et Cohen Saban, comparaissent devant la cour criminelle jusqu’à jeudi ou vendredi. Le procès devrait se tenir à huis clos à la demande de l'avocate de la partie civile, Me Ravyn Issa.