Les habitants de la vallée de l'Orbiel contaminés à plusieurs produits dangereux

 

Un nouvel épisode dans le feuilleton de la pollution dans la vallée de l’Orbiel : En 2018, l’Aude connaissait d’importantes inondations. Les fortes pluies avaient déplacé des matières dangereuses jusque dans les communes de la vallée depuis l’ancienne mine de Salsigne. Depuis, c’est un véritable bras de fer qui est  engagé entre les communes et les services de l’état, le gouvernement s’étant focalisé sur l’arsenic. 

L’été dernier, plusieurs associations avaient lancé une série d’analyses capillaires sur 102 personnes, 35 hommes, 32 femmes et 35 enfants résidant sur les communes de Aragon, Bouilhonnac, Conques-sur-Orbiel, Fournes-Cabardès, Lastours, Limousis, Malves-en-Minervois, Mas-Cabardès, Salsigne, Trèbes, Villalier, Villardonnel, Villedubert.

 

Vendredi dernier, les trois associations à l'initiative de ces analyses 'Terre d'orbiel, Gratte Papier et Secours Catholique) ont dévoilé les résultats, et ils sont sans appel : 100 % des personnes testées ont un ou plusieurs éléments toxiques à un niveau à surveiller ou à risque, avec une moyenne comprise entre 5 et 6 toxiques par personne. 62 % des analyses révèlent au moins un niveau d'exposition à risque atteint.  

 

Gérard Balbastres, du Secours Catholique de Carcassonne

L'arsenic : pas le seul produit toxique en jeu

 

Ces étudent mettent en lumière un autre fait inquiétant : alors que l'Etat et l'ARS ont mené des analyses sur les taux d'arsenic chez les enfants, les études capillaires lancées par les associations prouvent nbien que la contamination concernent enfants comme adultes.

L'élément le plus retrouvé n'est pas l'arsenic (détecté au-delà du seuil de toxicité chronique sur 39 % des personnes nous ayant transmis leurs résultats), mais le mercure (84 % des personnes), suivi du plomb (48 % des personnes).

Gérard Balbastres, du Secours Catholique de Carcassonne

 

Ces analyses prouvent, dans tous les cas, une poly exposition de la population aux produits dangereux, la limite acceptable est 32 fois plus basse qu'en absence d'autre polluant.

Les associations reprochent à l'Etat d'avoir voulu "dissimuler" cette poly exposition en se focalisant uniquement sur l'arsenic. Elles dénoncent aussi l'inaction du gouvernement alors qu'aucune opération de dépollution n'a été engagée à ce jour.