Les gilets jaunes fêtent ce week-end l’anniversaire de leur mouvement. Nora, ancienne infographiste et mère de deux enfants, revient sur cette année de mobilisation.


Pour les un an du mouvement à Perpignan, plusieurs actions sont prévues ce week-end. Ça a commencé dès ce samedi matin avec une mobilisation en centre-ville au Castillet et une distribution de tracts. Cette après-midi, place à un défilé dans le centre-ville. Dimanche, il faudra par contre s’attendre à plusieurs opérations différentes dans le département.

C’est en tout cas ce que nous a révélé Nora, ancienne infographiste et interprète, maintenant au chômage. Elle est gilet jaune depuis le premier jour, et si elle n’a pas abdiqué depuis un an, c’est avant tout pour ses enfants.

​"Que je sois gendarme, policier, médecin, pompier, qui que je sois, n'avons nous pas une mission à accomplir aujourd'hui ? N'est-ce pas l'avenir de nos enfants qui est en jeu ?"


Pour cette mère de famille, après 52 week-ends de manifestation, le mouvement devrait prendre un nouveau tournant pour son acte 53. 

"On a bien compris Macron ce que tu veux nous faire faire. Donc nous allons faire l'inverse de ce que tu attends de nous. On va reprendre notre ancienne méthode, toujours pacifique, avec nos revendications. On va te les afficher sous toutes ses formes et on va aller jusqu'au bout"


Ce nouveau souffle s'explique selon Nora par une multiplication d'actions différentes et une convergence des luttes, à l'image de l'union entre indépendistes catalans et gilets jaunes le week-end dernier. Même si elle nous confirme que les manifestants se déplaceront en masse, le nombre de gilets jaunes mobilisés dans les Pyrénées-Orientales reste encore flou. Le mouvement s’est tout de même affaibli au fur et à mesure des rassemblements, pour plusieurs raisons.

"Le problème c'est qu'à un moment donné, on est épuisé physiquement. Parce qu'on a des familles, donc on doit gérer un quotidien. Puis on doit gérer le pétrin dans lequel Macron nous a mis" 


Et le problème va plus loin selon Nora. Après cette année de mobilisation, nombreux se sentent en insécurité et craignent la répression policière. C'est ce que nous explique cette manifestante de la première heure, qui a été plusieurs fois blessée lors de manifestations à Perpignan ou ailleurs. 

"La répression est infernale, je n'en dors pas. Alors si ça peut faire plaisir à Macron qu'une femme se sente tous les jours menacée parce qu'elle est gilet jaune, là il y a un gros problème. Et je ne suis pas la seule à le vivre."


Le mouvement va-t-il prendre une autre tournure dans le département comme en France ce week-end ? Réponse à Perpignan dans les prochaines heures.