O. Maurin a été condamné, son avocat fait appel.

 

Une centaine de personnes est venue soutenir, ce vendredi, Odile Maurin devant le palais de justice de Toulouse. Cette figure des gilets jaunes, handicapée, est poursuivie en justice pour des violences lors d'une manifestation le 30 mars dernier, mais pas seulement...

 

Le "procès du ridicule" selon son avocat

"Ces poursuites sont ridicules " clame son avocat Me Pascal Nakache qui rigole à l'idée que le fauteuil du prévenu soit considéré comme une arme : "les élements n'existent pas ou sont prescrits dans une sorte d'acrobatie juridique, dont le but est de la faire taire."

Pour le conseil de l'activiste, on assiste à une des formes de la "répression du mouvement social" menée ici par le parquet de Toulouse "comme à Montpellier, le parquet se ridiculise."  Serait-elle devenu un symbole ? Son avocat l'assure" elle est à l'évidence une figure du mouvement et ça déplait à beaucoup de monde. Et bien au-delà de Toulouse".

 

Véhémente mais pas violente

"J'ai une trentaine de témoins de moralité montrant que je ne suis pas quelqu'un de violent, véhémente oui parfois" explique celle qui est aussi militante de l'association Handisocial.

Lors de l'acte 20 des Gilets jaunes à Toulouse, un policier aurait manipulé le joystick de son fauteuil électrique pour la sortir du chemin, l'engin avait été projeté sur un véhicule, blessant légèrement un agent et plus sérieusement Odile Maurin "j'ai eu 5 fractures du pied, une entorse et de multiples bleus et suis resté 1h30 en garde à vue sans avoir de soins. Ces accusations sont fantaisistes. Et ma plainte n'a pas été instruite."

Odile Maurin est aussi jugée pour outrage - elle avait copieusement insulté une commissaire de police chargée du maintien de l'ordre à Toulouse, dans une vidéo sur les réseaux sociaux - et entrave à l’arrivée des secours pour avoir bloqué le passage du canon à eau des forces de l'ordre.

A l'audience, la notion de violence avec arme a été requalifiée en violence sur personne dépositaire de l'autorité publique. L'infraction pour la diffusion d'une photo d'un commissaire de police sur les réseaux sociaux s'est avérée prescrite. 

Odile Maurin a été declarée coupable des seules violences et condamnée à une peine de 2 mois de prison avec sursis et 1 an d'interdiction de manifester avec exécution provisoire. La défense fait appel. 

 

Odile Maurin empêchant les forces de l'ordre d'avancer lors de la manifestation du 15 décembre 2018.

Odile Maurin empêchant les forces de l'ordre d'avancer lors de la manifestation du 15 décembre 2018.