Il a été renvoyé au 1er février.


Une dizaine d’avocats, 18 prévenus issus de cinq clans, plusieurs dizaines de policiers mobilisés pour sécuriser une salle Jean Mermoz louée et réaménagée pour l'occasion en salle d'audience : pourtant le procès géant des responsables d'un réseau de mendicité bulgare n'aura finalement pas lieu cette semaine à Toulouse. Doit-on parler d'un fiasco alors que les prévenus n'avaient visiblement pas été placés en quarantaine ! 
 

Le suspense a duré, ce lundi matin, dans la salle Jean-Mermoz où ce procès d’ampleur a été délocalisé, cinq prévenus étaient en effet Covid positifs (et un cas contact). La justice a finalement renvoyé l’audience au 1er février, elle sera jugée jusqu'au 10 février salle Mermoz. Et il a fallu la matinée pour démêler l'imbroglio. L'ensemble des détenus sont maintenus en détention. 

 

Tous les prévenus Covid positifs ont en effet été entendus par leurs avocats en visio conférence, avant que le président Bonhomme n'ouvre l’audience vers 11h15. La justice avait la possibilité de disjoindre l’affaire (juger plus tard les prévenus infectés), faire représenter les prévenus infectés uniquement par leurs avocats (ces derniers ont refusé sachant qu’ils s’accusent - pour certains - mutuellement), et donc enfin renvoyer le procès. De son côté, le parquet avait requis le renvoi à "brève échéance" et le maintien en détention de 17 prévenus. Le procès était renvoyé par le tribunal au 1er février, avec cette fois espérons une procédure de quarantaine pour les prévenus avant l'audience...

 


Dans ce procès aucune partie civile ne sera présente, malgré les traitements sordides que les prévenus auraient imposé à leurs compatriotes d’infortune.  "L'un des mendiants s'est fait rouler dessus par une voiture, un homme a été attaché toute la nuit à un arbre et battu à coup de câble électrique, un homme a reçu des coups de couteau, un autre un coup de feu", avait naguère expliqué un responsable de la Sûreté départementale.

Lancée en mai 2017 après la plainte d'un Bulgare, l'enquête avait permis d'identifier une trentaine de victimes issues d'un camp du nord de Toulouse, les clans avaient été dirigés pendant trois ans par une famille de Roms originaire de la région de Pleven.