Ambiance lourde et journée cruciale au procès d’Alexandre Bresse ce mardi à Toulouse.

 

Le jeune cuisinier est accusé d’avoir violé et étranglé Alicia 14 ans à Beauzelle en avril 2018. Lui affirme que sa mort est un accident, un jeu sexuel ayant dérapé, et la relation sexuelle était consentie... 


Un témoin gêné 

Divers témoins ont été entendus ce mardi, notamment le légiste ou encore Aurélien : c’est lui qui a amené la victime chez l’accusé puis l’a laissée seule avec son bourreau... Il a expliqué qu’Alicia trouvait Alexandre Bresse « lourd » elle ne voulait pas « rester avec lui ». Le témoin a confié se sentir coupable d’avoir laissé la jeune femme avec Bresse « sans ça elle serait toujours vivante ».


Une journée à charge pour A. Bresse

De l’accusé, on a appris qu’il connaissait « les prises pour maîtriser une personne », qu’il plaisantait avant les faits sur la façon de faire disparaître un cadavre « en le lestant et le jetant dans la Garonne ». Il évoquera aussi ses fantasmes à l’audience, le « sadomasochisme soft », la strangulation. 


En fin d’après-midi, Bresse prenait la parole, il racontait sa version de ce funeste 19 avril, « je ne l’ai pas violée » réaffirmait-il. L’accusé racontait s’être rapproché d’Alicia progressivement ce jour là « puis elle m’a embrassé et fait une fellation, je l’ai pénétré ». Il indique avoir ensuite serré son cou par jeu, puis avoir « perdu le contrôle, serré, trop fort ». Avant de revenir « dans le monde réel », Alicia avait alors « la langue gonflée, j’ai paniqué en pensant à mon passé [ il a été condamné à l’âge de 15 ans ], et j’ai maquillé le crime ». L’accusé aurait placé l’adolescente « délicatement » dans le coffre de lit « il n’y avait plus de pouls » et explique avoir entouré son cou, après les faits, avec le câble blanc retrouvé sur le cadavre. 


Sa version ne "colle" pas avec les constatations médico-légales

Mais il faut plusieurs dizaines de secondes pour étouffer quelqu’un et Alicia a aucun moment - dans les déclarations de l’accusé - n’aura eu de réaction. « Impossible » pour le Président de la cour d’assises. « Dans votre récit elle ne fait rien. Comment vous expliquez cela ? ». L’accusé confirmera mollement. Alicia se serait donc laissée asphyxier ? Sans lutter ? Les constatations du légiste « ne collent pas avec votre récit » insistera Michel Huyette ; « ces lésions faites 20 à 30 mn avant la mort ? (NDR : en fait l’asphyxie) ». « Pourquoi ce câble autour du cou d’Alicia ? Pourquoi avoir mis un tee-shirt dans la bouche d’Alicia ? » questionnera le magistrat. L’accusé sanglote mais reste flou « j’ai paniqué, c’est loin, je ne me souviens plus, j’ai fait n’importe quoi en modifiant la scène de crime... » « C’est l’heure de dire la vérité » pressera à son tour Me Christophe Bories, avocat des parties civiles. L’avocat général Céline Fleury s’y essaiera aussi. La version de l’accusé tangue sérieusement, mais il n’avouera pas. Ni la contrainte. Ni le meurtre.

Les réquisitions sont attendues ce mercredi. Verdict mercredi dans la soirée.