La Garonne permet, l'approvisionnement en eau potable d'environ 1 million d’habitants, l’irrigation de 70 000 m² de culture et le fonctionnement d’une trentaine d’industries dont la centrale nucléaire de Golfech. Depuis le mois de juillet, le fleuve est en alerte, son débit flirtant dangereusement avec les 40 m3/seconde à Toulouse.

 

Déjà la moitié des réserves d’eau utilisées

 

Sans le soutien à l’étiage notamment des retenues des Pyrénées (une dizaine de barrages EDF dans les Pyrénées et le Massif Central, lacs de Montbel, d’Oô, de Filheit) la Garonne ne serait plus le même fleuve, jusqu’à 40% de son débit provient en effet des lâchers d’eau en été. On peut monter jusqu’à 50%. Et c’est le SMEAG (Syndicat mixte d'études et d'aménagement de la Garonne) qui s’occupe de la réalimenter, « on lâche de l’eau en fonction des besoins » explique son président. Jean-Michel Fabre qui rassure : « nous avons négocié avec EDF d’augmenter nos réserves de 60 à 80 millions de m3 cette année, mais nous en avons déjà utilisé la moitié. » Soit deux fois plus que le maximum connu en juillet.

 

Le lac d’Oô à la rescousse dès le 15 août pour soutenir la Garonne

 

Si bien que pour la première fois, le lac d’Oô près de Luchon sera mis à contribution pour renflouer la Garonne dès le 15 août « nous l’avons décidé ce jeudi matin en réunion du SMEAG, cela représente 8 millions de m3 de réserves stratégiques, qui, en temps normal, sont utilisés seulement en septembre » nous révèle celui qui est aussi vice-président du Conseil départemental de Haute-Garonne et dont le téléphone a carillonné tout l’été en raison de la canicule « les vacances ont été courtes ».

   

La consommation d’eau potable serait sécurisée jusqu’à la fin du mois d’octobre

 

Mais la Garonne peut-elle être à sec ? « Non » tranche JMF « mais on pourrait aller vers des niveaux encore plus bas, 20 mètres cube/seconde serait catastrophique : nous serions en crise, incapables de protéger la biodiversité. » Si par malheur aucune pluie conséquente ne tombait, « la consommation d’eau potable est sécurisée jusqu’à la fin du mois d’octobre » assure le patron du SMEAG. Mais l’hiver a été pluvieux, et on a peine à imaginer la situation si l’hiver avait été sec... « Les pluies annoncées la semaine prochaine vont nous donner une bouffée d’oxygène » sourit-il.

 

L’avenir incertain

 

Tous les acteurs de terrain s’activent pour trouver des solutions pour le proche avenir : économies, nouvelles retenues d’eau, charte de bonne conduite chez les agriculteurs... « Il faut arrêter de voir les Pyrénées comme un château d’eau » car « les glaciers ont été divisés par deux et que fera-t-on lors des années sans neige ? » demande Jean-Michel Fabre, qui ajoute « il n’y a pas de rente de situation ». Pour le spécialiste « Il faut que l’eau reste là où elle tombe » : « des terres agricoles qui retiennent l’eau, que la ville récupère l’eau qui tombe et il faut protéger les zones humides. » La canicule et le thermomètre qui se sera affolé en 2022 auront peut-être valeur de prise de conscience...  

 

Photo - Étang d'Izourt. © Mathieu Groc via @meteopyrenees.   


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