Airbus a annoncé la suppression de 15 000 postes dans le monde, soit 11% de ses effectifs. En France 5000 postes (4952 exactement) disparaitront d'ici 2023. L’information a été confirmée aux syndicats par la direction du groupe, ce mardi soir, lors d’un comité extraordinaire. Une saignée sans précédent pour le n°1 mondial de l’aéronautique qui souffre des baisses de commandes des compagnies aériennes suite à la crise sanitaire. Et Toulouse va automatiquement faire les frais de ces annonces.

 

Dur à avaler pour les syndicats

Le nombre de suppressions d’emplois chez Airbus a été jugé « excessif » par le ministère de l’économie ce mardi soir. Même tonalité chez les syndicats du groupe. Florent Veletchy, délégué syndical central CFTC chez Airbus rappelle que "les gouvernements ont mis la main à la poche" pour "réduire la facture sur l'emploi". Il est rejoint par Gérard Pimbert, Airbusien et secrétaire général Force Ouvrière métallurgie qui souligne "le plan massif de relance aéronautique dégainé par l'Etat" et ajoute "on (les syndicats) fera tout pour éviter les licenciements secs"  à notre micro. "On doit trouver toutes les solutions pour sauvegarder l'emploi" renchérit Florent Veletchy, pour qui aucune chaîne d'assemblage ne sera fermée "on ne va pas les remettre en cause ! La chaine A321 par exemple, on se battra quoiqu'il arrive pour l'avoir à Toulouse quand nous aurons besoin de cette capacité à fabriquer de l'A321."

 

 

 

Une réunion syndicale géante jeudi

Le détail des suppressions de postes autour de Toulouse sera dévoilé lors des réunions au siège de Blagnac, jeudi et vendredi. Les syndicats CFTC, FO, et CGC d’Airbus, Stelia et ATR " les trois syndicats de l'entente" convient tous les salariés concernés par le plan à une réunion d’information "jeudi matin de 11h à 12h, rendez-vous devant le bâtiment M90 à côté du self Concorde" annonce Florent Veletchy qui s'adresse aux salariés du groupe "l'idée est de mobiliser un maximum de personnes pour donner de l'information et être soudés pour conserver un maximum d'emplois. N'hésitez pas à vous joindre à nous, que vous soyez syndiqués ou pas." Suivant l'adage on est plus forts ensemble...

 

Les réactions politiques locales

Suite aux annonces de l'avionneur, Georges Méric, le président du Conseil départemental de Haute-Garonne a fait part de "sa vive inquiétude pour l’avenir des employés travaillant hauts-garonnais" ; il en appelle à "une mobilisation générale des grands donneurs d’ordre, des collectivités locales et de l’État." Jean Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole "réitère le soutien de la collectivité au monde de l’aéronautique" ; il dit avoir "sollicité une entrevue avec Guillaume Faury, président d’Airbus." Les deux élus mettant en exergue les mesures en faveur de l'emploi, décidées par leurs collectivités respectives pendant la crise sanitaire.