Manifestation silencieuse contre le plan de suppression d'emplois annoncé par l'avionneur.

 

9000 salariés d'Airbus - selon les syndicats - ont défilé sur le site de l'avionneur, près de Toulouse ce mercredi. Un défilé contre le plan de suppression d'emplois annoncé par le groupe, qui menace 5.000 postes en France dont environ 3.400 à Toulouse.

La démonstration de force était organisée à l'appel des trois principaux syndicats, FO, CFE-CGC et CFTC. Des salariés, massés derrière une banderole proclamant "Non aux licenciements".

Pour les syndicats, les départs contraints restent une ligne rouge à ne pas franchir "les lignes n'ont pas bougé pour le moment, c'est trop tôt" indiquait Françoise Vallin déléguée syndicale central CFE-CGC Airbus "cette manifestation est d'ailleurs là pour démontrer que nous, les partenaires sociaux, allons peser dans cette négociation."  Selon Jean-François Knepper délégué syndical central Forces ouvrière Airbus "la direction continue de dire qu’Airbus est un colosse aux pieds d’argile et justifie ainsi ces 5000 suppressions de postes " mais estime-t-il Airbus a une grosse responsabilité d’une part « parce que l’Etat est actionnaire" mais aussi une responsabilité sur les sous-traitants "chez qui la purge a commencé, n’ajoutons pas une crise à la crise."

Les syndicalistes se félicitaient d'avoir mobilisé autant de salariés ce mercredi "n'oubliez pas que 20% des salariés sont en congé et ils se sont joints à nous quand même aujourd'hui. Le cortège faisait au moins 4 km " estimait Florent Veletchy délégué syndical central CFTC Airbus. Ils promettaient de mobiliser à nouveau si les négociations piétinent.

 

Les politiques au soutien

Présent ce mercredi le parlementaire Mickaël Nogal ; "je m'entretiens avec la direction d'Airbus et les syndicats depuis plusieurs semaines pour faire en sorte qu'on évite les licenciements secs" expliquait le député LREM chargé par le gouvernement de mener une consultation avec les acteurs du secteur évoquant "un objectif partagé notamment grâce aux moyens engagés par l'Etat."

Les syndicats représentatifs comptent sur les départs anticipés, volontaires, une activité partielle longue durée et des dispositifs de formation, pour diminuer le périmètre du plan, prévu pour entrer en vigueur d'ici l'été 2021.

 

L'angoisse palpable chez les salariés

Vers 11h le cortège s'élançait dans un silence quasi religieux. Des visages plutôt souriants le composaient. Mais les nombreuses tentatives pour recueillir des réactions de salariés restaient vaines pour la plupart, seuls quelques-uns acceptant d'échanger avec les journalistes présents. La peur ? "Si vous aviez vos emplois menacés, est ce que vous ne seriez pas angoissés ?" nous demandait Christophe "en vous parlant je vais peut-être perdre mon emploi demain. Oui on a tous peur" lâchait ce col bleu d'ATR. Un cadre d'Airbus, Benoît se risquait à venir échanger mais restait vague : "on vient surtout prendre des informations pour avoir les détails du plan." "C'est compliqué de savoir qui est sur le sellette" nous confiait Alix. Ambiance pesante donc. 

Une autre manifestation, cette fois à l'appel de la CGT se tient ce jeudi entre le siège d'Airbus et l'aéroport, dans le cadre d'une journée d'action de soutien à l'ensemble de la filière - sous traitants compris - qui emploie 90.000 personnes dans la région.