L'ordre des pharmaciens occitans vient de signer une convention avec la gendarmerie régionale pour améliorer la surveillance des officines. Ces dernières ont connu une recrudescence des agressions et cambriolages pendant le confinement.


​"Notre crainte, c'est que s'il y a une deuxième vague, on voudrait vraiment anticiper au maximum", nous confie Bruno Galan, responsable d'une pharmacie à Palau del Vidre dans les Pyrénées-Orientales, et président de l'ordre des pharmaciens d'Occitanie. En effet, les pharmacies ont été la cible de nombreuses agressions et cambriolages pendant la crise sanitaire et notamment durant le confinement. C'est pour cela que la gendarmerie d'Occitanie s'est rapprochée de l’ordre des pharmaciens pour signer une convention qui a pour but de renforcer la protection des officines. 


Déjà plus d'une trentaine d'incidents dans des pharmacies occitanes depuis 2020

Le confinement a été source de nombreuses tensions au sein des officines. Que cela soit pour les masques ou même l'hydroxychloroquine, les pharmaciens n'ont pas toujours pu répondre aux besoins et demandes des habitants, ce qui a généré une recrudescence des agressions. "J'appelle ça une délinquance d'opportunité, puisque c'était essentiellement des cambriolages pour rechercher des masques, qui étaient une denrée rare au début du confinement. Et ensuite, du fait de la tension, on a vu une agressivité croissante, avec des agressions verbales et des incivilités", explique le Catalan Bruno Galan.

"Sur la région d'Occitanie, on a compté une trentaine d'agressions. Mais ce qui est vraiment significatif, c'est que si on se base sur le territoire national, il y a eu 302 déclarations depuis le mois de janvier, alors que sur l'année 2019, la totalité des déclarations étaient de 303", ajoute le président de l'ordre des pharmaciens d'Occitanie. Un constat alarmant puisqu'une demie-année a suffi à rattrapper le nombre d'incidents d'une année entière.
 

Bruno Galan, président de l'ordre des pharmaciens d'Occitanie

 

Conseils, surveillance, et réactivité des interventions

La convention signée la semaine dernière va donc va permettre d’être mieux préparer à toute nouvelle agression. "Il s'agit d'une convention pour mettre ensemble des moyens, de façon à protéger un peu mieux les pharmacies, conseiller les pharmaciens sur les moyens à mettre en oeuvre. Et puis pour s'inscrire sur une application qui est l'opération Tranquillité Entreprises et Commerces, qui permet d'avoir une surveillance des pharmacies plus ciblées." Les pharmaciens bénéficieront également de l'opération Tranquillité Vacances, pour la surveillance, si besoin, de leurs domiciles. 

"Et ce qui est le plus important pour nous, c'est d'avoir une réactivité des forces de gendarmerie. À partir du moment où on est inscrit sur cette application, nous sortons comme prioritaires dès qu'il y a un signalement. Et nous avons un numéro dédié d'un référent sûreté qui va venir, qui va nous conseiller sur les moyens à mettre en oeuvre pour nous protéger, et qui va faciliter nos déclarations dans le cadre de dépôts de plaintes ou d'agressions", précise Bruno Galan. À noter que cette convention encadre également le signalement des violences intrafamiliales, désormais possible en pharmacies.
 

Bruno Galan