L'Union des Métiers et des Industries de L'Hôtellerie a réuni des restaurateurs des Pyrénées-Orientales au pied du Castillet ce mercredi matin. L'objectif : exprimer leur mécontentement face aux grandes inconnues liées à leur reprise d'activité.


L'opération #Atable a été vue et entendue ce mercredi matin au centre-ville de Perpignan. L'Union des Métiers et des Industries de L'Hôtellerie des Pyrénées-Orientales a rassemblé de nombreux restaurateurs au pied du Castillet. Après les mots forts du président Hervé Montoyo, les professionnels de la restauration ont déposé leurs toques et tabliers pour exprimer leur désarroi. Ces derniers se retrouvent face au manque de directives claires du gouvernement quant à la réouverture de leurs établissements.
 

Le grand flou de la reprise

"Chef d'entreprise c'est prévoir, et là nous allons devoir travailler dans l'urgence. Ce n'est pas sérieux ! L'Etat nous aide à remplir le réservoir mais il nous manque les roues au véhicule", exprime avec colère Hervé Montoyo le président de l'UMIH 66. En effet, toute la profession attend avec impatience les annonces du premier ministre Edouard Philippe qui doit se prononcer ce jeudi au sujet la deuxième phase de déconfinement. Elle comprend la réouverture des restaurants, bars et cafés, qui ne veulent pas revivre la précipitation de leur fermeture. 

"Le gouvernement nous a forcé à fermer le 14 mars au soir. On nous a prévenu à 19h45 qu'on devait fermer nos établissements avec toute la marchandise et tout ce qui allait un samedi soir à minuit. Et aujourd'hui, on devait nous informer sur le cahier des charges et sur les délais de la réouverture mardi dernier, et ça a été reporté à jeudi. On est toujours dans l'inconnue. On va nous faire rouvrir comme on nous a fait fermer" explique Brice Sannac, président des restaurateurs au sein de l'UMIH 66 (également hôtelier-restaurateur à Banyuls-sur-Mer).
 

Brice Sannac, président des restaurateurs au sein de l'UMIH 66


"Il y a encore beaucoup d'interrogations. La distance entre les tables, les 100 kilomètres, quelques détails importants qui ne sont pas traités", ajoute Jean Plouzennec, le président des Toques Blanches du Roussillon. À quelques jours de la reprise, c'est donc l'inquiétude qui prédomine pour toute la profession. "Un côté un peu anxyogène de ne pas avoir de directives claires, des dates qui ont été un peu lancées au couteau, et des difficultés à comprendre ce qui allait nous arriver" nous dit Anthony Beaugrand, gérant et chef du "Comptoir de Papa Ours" à Perpignan.
 

Les 100 km au coeur des interrogations

Et si l'impatience se ressent, c'est aussi parce que c'est la saison d’été qui se joue pour ces professionnels. Les touristes français viendront-ils en nombre ? Tout dépend de l'élargissement de la limite des déplacements à 100 km pour Brice Sannac. "Le problème c'est le manque de visibilité. Si demain le gouvernement dit, voilà, à partir du 2 juin, il n'y a plus la barrière des 100 km. Très bien, les gens pourront se projeter. Là actuellement, les clients se projettent un peu sur le mois de juillet, beaucoup sur le mois d'août, et sur les mois de septembre, octobre, je pense qu'on pourra faire une belle arrière saison. Mais l'arrière saison ne fera pas tout."

En attendant que l'Etat "lève les barrières", l'ensemble des restaurateurs présents ce mercredi se disent tout de même "prêts" à accueillir leurs clients en toute sécurité. 

 

À noter que le rassemblement organisé par l'UMIH a été fait dans le respect des règles sanitaires. Pendant le discours du président du syndicat, les restaurateurs ont été appelés à s'unir par groupe de 10 personnes et ont ensuite été invités à regagner leurs établissements.
 

Reportage Opération #Atable