Des détritus déposés devant la préfecture et deux permanences de députées.

 

On savait que la colère couvait chez les agriculteurs, après la vote à l'Assemblée du traité de libre-échange avec le Canada, CETA.

Une opération coup de poing a été menée par les agriculteurs de Haute-Garonne, ce jeudi soir, sur Toulouse et sa banlieue. Soixante à quatre-vingt exploitants se sont retrouvés pour déverser fumier et détritus devant les permanences des députées LREM, Monique Iborra (Tournefeuille) et Corinne Vignon (Toulouse).

Deux parlementaires coupables à leurs yeux d’avoir voté en faveur du CETA. Les paysans à bord d'une vingtaine de véhicules et flanqués de deux camions ont aussi visé la Préfecture de région.

 

 

Luc Mesbah menait les troupes ce jeudi soir. On savait le secrétaire général adjoint de la FDSEA 31 très remonté depuis lundi : jour où les parlementaires LREM ont snobé une invitation du principal syndicat agricole. La "Fédé" avait convié tous les députés à écouter ses doléances et ses inquiétudes liées aux traités CETA et Mercosur. Aucun n'avait fait le déplacement. Luc Mesbah avait glissé au micro de 100% "c'est inadmissible mais on a la faculté de savoir s’inviter chez eux."

 

Les agriculteurs se disent "sacrifiés"

Chose promise chose due avec ces deux permanences ciblées en Haute-Garonne, à l'heure où le ministre Christophe Castaner a parlé de "terrorisme" pour qualifier le saccage de permanences de députés LREM. Ici pas de destruction, seulement des déchets déposés. "Nous ne sommes pas des voyous [...] mais on cible tous les députés qui ont voté les accords partout en France [...] ces députés ignorent le premier employeur de la région Occitanie !" a clamé le représentant de la FDSEA 31.

"Ils nous sacrifient" a insisté Luc Mesbah.

 

 

Les agriculteurs locaux dénoncent la future distorsion de concurrence qui s'imposera de fait, notamment avec les pays d'Amérique du Sud. "La concurrence sera totalement déloyale. Il n'y aura pas de sécurité alimentaire si on laisse faire les accords CETA et Mercosur. Les producteurs français produisent avec des normes sanitaires draconiennes " s'énerve le syndicaliste agricole. Selon lui, il n'y en a pas pour long avant de trouver "dans tous les produits industriels les matières premières à bas coût" venues des Amériques. 

 

 

La FDSEA 31 promet d'autres actions prochainement "d'autant que sur d'autres dossiers comme la sécheresse, nous n'avons aucune réponse des députés. Il y a un manque de considération du monde agricole " concluait hier Luc Mesbah.

 

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