Une quarantaine de paysans mobilisée sur cette action avenue des Etats-Unis.

 

Les agriculteurs se mobilisaient dans toute la France, ce mercredi, pour mettre la pression sur la grande distribution et dénoncer la distorsion de concurrence avec les produits étrangers.

A Toulouse, ils étaient une quarantaine à s'être postés devant le MIN, avant d'être accompagnés dans les allées du marché d'intérêt national par la directrice générale Maguelone Pontier. Aucun blocage n'était prévu, ni au MIN ni sur les routes "les habitants trinquent suffisamment avec les embouteillages" souriait un membre de la FDSEA 31. Les producteurs sont partis en inspection au MIN, afin de vérifer la provenance des produits.

 

Quelques produits étrangers aux cahiers des charges suspects

Les exploitants, Jean-François Lamassé en tête, avaient inspecté des grandes surfaces (Metro et Promo Cash) avant cette action coup de poing. "ils ont visiblement fait le ménage avant qu'on arrive mais j'ai trouvé récemment du chou-fleur de Turquie, de la viande de Hollande ou du canard de Pologne" explique ce paysan du canton de Rieumes.

Jean-Philippe Odorico, maraîcher à Blagnac, tombe sur des pamplemousses turcs au MIN "ils ont été impregnés de fongicides pour maintenir la conservation, ceux-là même qu'on nous interdit d'utiliser. Et ce pamplemousse, en l'épluchant, on se met du fongicide partout" râle l'exploitant qui pointe une distorsion grave de concurrence "ils sont moins cher que nous, car on n'applique des normes drastiques sur les produits phytosanitaires."

 

Les professionnels du MIN globalement acheteurs de produits français

Pourtant en cherchant un peu, on s’aperçoit que la plupart des produits stockés au MIN proviennent du local. Christophe y travaille et son listing clients ne souffre d'aucune contestation "France, France, Provence, Bretagne, Aquitaine..." déroule-t-il ; "seuls les agrumes et les concombres viennent d'Espagne, car ce sont des produits qu'on ne trouve pas en cette saison" justifie-t-il. Les produits de saison en France ne sont pas légion en novembre.

Didier - grossiste réputé pour ses produits - affirme que les Espagnols ont fait de gros efforts sur la qualité. Il assume faire appel à eux "il nous faut de la diversité, on a des produits spécifiques français. Mais les gens ne sont pas prêts à manger uniquement des poireaux, courges et patates tout l'hiver ! " s'amuse-t-il. Sauf qu'un peu plus loin, le Blagnacais Jean-Philippe tombe sur des carottes espagnoles "un produit pourtant de saison, avec un cahier des charges qui ne permet pas de savoir quels phytos ont été utilisés".

Les paysans maintiennent que ces produits étrangers - bon marché - sont bien plus traités aux pesticides, fongicides et herbicides. D’où la distorsion de concurrence dénoncée…

 

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