Visite d’un site stratégique pour casser la chaîne de contamination.

 

Le laboratoire départemental de Haute Garonne 31 EVA vient d’avoir l’autorisation pour participer à la phase de dépistage du Covid 19. Situé à Launaguet, cet établissement de 4600 m² étendu sur deux niveaux, pourra réaliser rapidement 4000 tests par semaine. Quelques-uns des 165 professionnels du labo manipulent des agents hautement pathogènes dans ses trois zones de confinement. 100% a pu visiter les locaux.

Pour rentrer, il faut montrer patte blanche : blouse et désinfection, y compris du matériel. Car l’établissement garantit un haut niveau de bio sécurité « il est habilité à gérer les virus dangereux » explique Michèle Selve, la directrice du site, en présentant les laboratoires P3 et P2 + où sont traités les échantillons Covid, « ici l’air est filtré en rentrant et en ressortant et nous travaillons sous poste à  sécurité microbiologique ». 

 

Michèle Selve, directrice d'EVA 31.

 

Un matériel de pointe et une réorganisation pour faire face au déconfinement

Pour trouver les patients positifs, débusquer les foyers de contamination et ainsi maîtriser l'épidémie après le déconfinement, deux équipes sont mobilisés de 6h30 à 14h et de 14h à 22h du lundi au samedi.

700 000 euros sont investis chaque année pour le fonctionnement et l’équipement de l’établissement, qui s’occupe d'habitude aussi bien de santé publique vétérinaire, végétale ou sanitaire ; remplissant des missions pour l’agence de l’eau, Atmo Occitanie ou la recherche agronomique « nos agents ont par exemple travaillé sur la fièvre catarrhale ovine, la rage ou l’épidémie d’influenza aviaire » rappelle Michèle Selve, avant de présenter l’appareil indispensable à la lutte contre le Covid : le thermocycleur. Il permet de réaliser ce que les biologistes appellent une PCR « il amplifie la séquence ADN » explique Loïc Durand, chef de service sécurité sanitaire.

 

Moins de 2% de positifs

« Actuellement moins de 2% des échantillons traités ici sont Covid positifs, mais une montée en charge est prévue suite au déconfinement » assure Richard Fabre, président de l’URPS des biologistes libéraux d’Occitanie. Les laboratoires privés sont "sur la brêche depuis mars et le nombre d'analyses monte en puissance". ARS, CPAM et généralistes sont chargés d'identifier les malades et les cas contacts, les envoyer dans les labos privés qui font appel à EVA 31 dans le cadre d'un partenariat public-privé.

Financeur de la structure, le président du Conseil départemental Georges Méric salue un site performant « car le CD 31 investit ici depuis 25 ans » dans ce labo, certes, vétérinaire « mais qui peut faire n’importe quelle analyse et qui a eu l’accord du préfet pour réaliser les analyses Covid ».

 

Le président du Conseil départemental Georges Meric.