Abandonné d’un élevage près de Toulouse suite à une malformation congénitale, ce chiot de deux mois va peut-être réussir à porter des prothèses. Un refuge des Pyrénées-Orientales lui porte aujourd’hui secours.

 

C’est une histoire assez émouvante dans les Pyrénées- Orientales, celle de Booster, ce bébé Rottweiler né sans pattes. Laissé à l’abandon par la propriétaire d’un élevage près de Toulouse, Marina Pastou s’est proposée pour l’accueillir dans son refuge pour animaux à Céret.  

Né avec une malformation congénitale qui l’a privé de ses membres, le petit Booster n’a pas voulu être gardé au sein de son élevage. C’est la SPA de Toulouse qui a alerté de cette situation, avant que Marina ne prenne les choses en main pour le récupérer. "On m’a donné rendez-vous sur le parking d’un Burger King pour le récupérer", s’exaspère Marina, qui ne souhaite pas en dire plus sur l’élevage en question.

Solidarité pour créer des prothèses pour Booster

Alertée par une situation similaire aux Etats-Unis, Marina a lancé un appel aux dons pour le sauver grâce à des prothèses. "J’ai fait énormément de recherches sur internet, et j’ai trouvé un Rottweiler du nom de Brutus dans le Colorado, qui n’avait pas de membres comme Booster. Et donc quelqu’un a proposé de faire des prothèses pour Brutus", nous explique Marina Pastou du refuge "Marina un refuge pour Céret".

 

Marina Pastou, responsable du refuge

 

"Ce chien marche et court maintenant. Donc je me dis que si ça a marché là-bas, pourquoi ça ne marcherait pas ici", ajoute-t-elle. Après publication de son appel à l’aide sur la page Facebook du refuge, cette histoire n’est pas restée longtemps inaperçue. L’engouement autour de Booster s’est très vite créé et un prothésiste de Pollestres s’est même proposé de lui venir en aide. Après plusieurs rencontres, des premières solutions ont émergé. "On a essayé de lancer une procédure en fabricant des petites bottes, des chaussons rigidifiés avec des plastiques de basse température. Histoire de le mettre en position debout, et de lui faire travailler un peu tout son système musculaire", précise Franck Joumier, prothésiste à la tête de l’entreprise "H&C Orthopédie".

Mais évidemment, cela va prendre du temps. Le chiot devrait encore grandir pendant toute une année.  "Le projet est donc d’attendre pour lui faire de vraies prothèses adaptées aux niveaux d’amputation de ses membres", indique Franck Joumier. En attendant, Booster va tenter de se faire à ses nouvelles petites bottines en mousse. Marina et Franck vont également essayer l’option du chariot adapté, pour qu’il puisse plus facilement se déplacer. Aujourd’hui, des propositions sont même faites pour aider Booster par certains vétérinaires français. Le chiot est désormais loin d’être un inconnu.

 

Franck Joumier, prothésiste à Pollestres

 

Une médiatisation à double tranchant

Suite à l’appel aux dons lancé par Marina (qui est d’ailleurs toujours effectif pour la prise en charge de Booster), le petit Rottweiler a fait le buzz sur les réseaux sociaux, suscitant l’émotion de certains, mais les critiques des autres. "Je suis contente qu’il y ait des articles sur Booster et des gens qui m’aident pour l’appel aux dons. Par contre, je suis un peu moins contente du côté médiatique pour les langues de vipères", répond Marina.

Dans les commentaires sur Facebook, certains jugent nécessaire d’euthanasier le jeune chien. Cela ne passe pas pour Marina. "Euthanasie de Booster, non ! Booster va très bien, il est très heureux, et il le sera encore plus après, quand il aura ses prothèses." Marina tient à rappeler que Booster "n’est pas non plus une bête de foire". En effet, depuis sa médiatisation, beaucoup de personnes demandent à voir le chiot pour prendre quelques photos. "Mon refuge n’est pas un zoo",  souligne Marina, qui met son cœur à l’ouvrage pour redonner vie à de nombreux animaux malades, parfois abandonnés, et maltraités. 

 

Marina Pastou