Il a reconnu avoir défoncé le crâne de la victime - son ex codétenu - et explique pourquoi...

 

L’enquête des gendarmes commence mercredi dernier. Des promeneurs découvrent un cadavre nu à Montaigut-sur-Save (31), en lisière de la forêt de Bouconne vers 15h40. Le légiste assurera que la victime a reçu une dizaine de coups d’un objet contondant sur le crâne. Probablement un marteau. 

 

Une enquête éclair 

 

Il a fallu 29 heures aux gendarmes pour solutionner l’assassinat. Les limiers de la Section de recherches, avec l’aide de la Brigade de recherches de la compagnie de Gendarmerie de Toulouse-Mirail, ont interpellé l’auteur présumé des faits jeudi soir vers 20h30. Pourtant aucun élément de la scène de crime ne laissait présager une issue aussi rapide. Ou plutôt un seul : les empreintes « matchent ». La victime est inscrite au fichier des personnes recherchées. 

Né en 1963, « cet homme a été condamné par la Cour d’Assises de l’Oise à la réclusion criminelle à perpétuité notamment pour viol sous la menace d’une arme » expliquait ce lundi le Procureur Dominique Alzéari. Mercredi soir, il aurait dû repasser par la prison de Seysses. 

Les enquêteurs retraceront alors son parcours et identifieront un homme qui s’est porté à sa rencontre. « Cet individu est venu l’attendre vers 5h45 mercredi à la sortie de son bus Seysses-Basso Cambo. Ils partent ensemble... » on ne reverra jamais la victime vivante.  

 

Le braqueur et le « pointeur » se connaissaient 

 

L’homme de 59 ans avait connu sa victime en détention, à Lannemezan puis à Seysses, puis avait retrouvé cette dernière au sein d’une association d’insertion (Confluences) pour laquelle ils ont travaillé dans le cadre de régimes de semi-liberté.

Le mis en cause, condamné lui aussi à la réclusion criminelle à perpétuité en 1986 pour meurtre et vol avec arme, replonge en 2009 et ressort de prison en 2019. Au total, il a passé 29 ans en détention. Et son bail va se poursuivre... 

 

Voulant faire « justice », il reconnaît avoir défoncé le crâne de la victime

 

A ce jour, l’auteur des faits se présente comme une sorte de justicier : il aurait voulu châtier le violeur, mais le procureur de la République reste prudent « c’est assez confus, l’auteur devait de l’argent à la victime, mais le motif pourrait être lié au passé judiciaire de cette dernière. Par amalgame, n’aimant pas les prédateurs sexuels, l’auteur dit avoir eu peur qu’il ne recommence. Mais je ne veux pas trop m’avancer là dessus » tempère Dominique Alzéari. 

Le mis en cause aura tenté « maladroitement » de maquiller la scène en crime sexuel à Bouconne. Mais les gendarmes retrouveront des papiers d’identité du mort « dans le scooter du tueur présumé ». 

Ce dernier, acculé, s’est alors « mis à table »... Une information judiciaire pour assassinat en récidive a été ouverte. L’auteur a été placé en détention provisoire.