Immobilisé depuis plus d’un an au cœur du quartier Saint-Jacques, son extraction s’opère dès demain matin. Selon son avocat, elle présente un grand risque pour sa vie.


​On vous révélait cette histoire invraisemblable sur 100%. Celle d’Alain, un homme de presque 300 kilos, coincé dans son appartement du quartier Saint-Jacques depuis plus d’un an. Aujourd’hui, le Perpignanais de 52 ans va enfin pouvoir être évacué de chez lui pour bénéficier d’une prise en charge médicale adaptée. Une opération d’extraction de grande envergure qui nécessite plsu de 50 personnes, mobilisant les services de la mairie de Perpignan, de la préfecture, du département, mais aussi du SDIS 66.

Une évacuation à haut risque

Si l’opération d’extraction d’Alain démarre cette semaine, elle est le fruit de longs mois de travail et de réflexion pour les différents services mobilisés pour l’intervention. Pompiers, médecins, et techniciens d’une entreprise spécialisée ont enchainé les réunions pour trouver une solution à cette situation plus que complexe. Les raisons sont multiples. D’abord, chaque mouvement représente un danger de mort pour Alain, "qui bénéficie de soins depuis plusieurs semaines, et notamment d’injections médicamenteuses pour éviter le risque de caillots sanguins", selon son avocat Maître Jean Codognès. Autre crainte, le lieu. Le bâti vétuste menace de s’effondrer et est situé au milieu d’une rue pour le moins exigüe. 

Plusieurs étapes sont donc nécessaires pour procéder à l’évacuation d’Alain. D’abord et d’ores et déjà depuis ce lundi, le plancher de son appartement est étayé pour pouvoir lui permettre de supporter plus de poids. Ensuite dès ce mardi à 5 heures du matin, un périmètre de sécurité va être mis en place par la police municipale, avant l’arrivée des intervenants à 6 heures. Selon nos informations, l’opération devrait réellement commencer dès 8 heures par l’ouverture de la façade extérieure du bâtiment, qui permettra ensuite d’extraire l’homme via un container transporté par une grue. Alain doit alors être minutieusement glissé à l’intérieur de ce container, dirigé par la suite vers l’ambulance, dans laquelle Alain doit être transporté jusqu’à l’hôpital de Montpellier.

"Il est en espérance et en crainte"

Après ce long calvaire, Alain et son frère Jean-Claude (qui s’occupe de lui depuis des années) voient enfin le bout du tunnel. Un soulagement pour les deux hommes, mais non sans craintes selon leur avocat. "Aujourd’hui, évidemment il est un peu perturbé parce que les services techniques sont en train d’étayer l’immeuble et il entend des bruits. Mais il est confiant et c’est la première fois qui s’est projeté vers l’avenir, me parlant de l’après", explique Maître Codognès. Mais la possibilité qu’Alain ne s’en sorte pas vivant est bien là. "Le corps médical a peur d’une embolie ou d’une problématique de caillots sanguins, puisque cela fait un an et demi qu’il n’a pas bougé, et c’est considérable pour le corps", ajoute l’avocat.

Aujourd’hui, Alain a conscience de ces différentes problématiques. "Il est en espérance et en crainte parce que les services de secours lui ont bien indiqué qu’il y avait des risques. Ce n’est pas simplement comme si vous vous cassez une jambe dans la rue et on vous relève. Non, c’est un peu plus grave que ça. Mais il en est conscient et de toute façon, il n’y a pas d’autre solution pour lui sauver la vie", assure Maître Codognès.

Maître Jean Codognès
Maître Jean Codognès


"Une absence de prise en charge à temps"

L’avocat du malade et la Ligue contre l’obésité avaient déposé une plainte pour "non-assistance à personne en danger et omission de porter secours à une personne en péril" il y a quelques semaines, dénonçant l’inaction des services de l’Etat comme de la ville. Aujourd’hui, Maître Codognès l’affirme, "les services de la préfecture, du département et de la mairie sont pleinement mobilisés pour lui sauver la vie". Mais l’affaire a duré, et quelques regrets subsistent.

"C’est une famille qui paie le prix d’une exclusion sociale, d’habiter un quartier qui est cours d’effondrement. Ces gens-là sont un peu les victimes d’un laisser faire et peut-être d’une absence de prise en charge à temps", confie l’avocat perpignanais.  Et si le temps a été effectivement long, c’est aussi parce que les incompréhensions ont été nombreuses entre les différents services mobilisés et le frère d’Alain. Ce dernier, qui s'ocuppe de son frère, a plusieurs fois refusé de laisser entrer médecins ou forces de l’ordre, venant en reconnaissance.

Une situation que l’on vous expliquait sur 100% il y a déjà plusieurs mois. "Ce que je reproche aux différents services, c’est de ne pas avoir diagnostiqué un déficit d’analyse dans la tête de Jean-Claude, le frère. Il était lui-même dans une situation de détresse psychologique. Le fait qu’il soit colérique arrangeait un peu tout le monde", explique Maître Codognès qui souhaite aujourd’hui simplement que l’opération s’effectue sans accroc.

Demain, une nouvelle vie démarre pour Alain. Après ses soins au CHU de Montpellier sur le moyen terme, il sera transféré vers une clinique spécialisée dans les problèmes d’obésité, où il devra suivre un processus plus long de réadaptation de son corps.
 


La préfecture des Pyrénées-Orientales qui communique ce lundi soir : 

"Une opération à risques d’évacuation d’un malade bloqué dans son habitation dans le centre ancien de Perpignan est prévue ce mardi 1er décembre.


Travaux préparatoires

Ce jour, des travaux préparatoires techniques et logistiques sur le bâtiment occupé par l’intéressé ont été réalisés afin d’assurer la sécurité de tous durant l’opération.

Des équipes techniques de la mairie de Perpignan ainsi que des professionnels du bâtiment ont donc été mobilisés pour mener à bien ces travaux :

- travaux de serrurerie ;

- mise en place d’un conteneur ;

- évacuation des encombrants ;

- mise en place d’un butonnage des murs mitoyens ;

- mise en place de l’étaiement afin de soutenir le plancher ;

- dépose de l’éclairage public ;

- enlèvement de 2 bornes de stationnement.

Une équipe médicale est intervenue auprès du patient afin de surveiller son état de santé.

Afin de ne prendre aucun risque, les voisins ont été priés de quitter temporairement leur logement temporairement durant toute l’opération.


Moyens mobilisés :

Plus de 50 personnes seront mobilisées demain :

Travaux techniques et logistiques : 10 effectifs composés de personnels de la mairie de Perpignan et d’entreprises privées ;

Sécurisation du périmètre : 7 agents de la police municipale de Perpignan et 7 agents de la DDSP 66

Prise en charge du patient : 15 sapeurs-pompiers du SDIS 66 appuyés par une équipe médicale du CHU de Montpellier (3 médecins, 1 cadre de santé IADE, 1 IADE et 2 ambulanciers) et une équipe SMUR 66 du CH de Perpignan ( 1 urgentiste, 1 infirmier et 1 ambulancier) avec une coordination de l’ARS.

Le patient sera également accompagné par 3 personnes du conseil départemental des Pyrénées-Orientales.

Un poste de commandement interservices, situé au plus près du lieu d’action, sera en charge de coordonner les différents acteurs agissant sur le terrain.

Evolution de la situation :

Afin que cette opération à risques se déroule dans les meilleures conditions possibles, un périmètre de sécurité a été mis en place. Nous vous invitons à le respecter scrupuleusement. Vous recevrez, à intervalles réguliers, des points de situation sur les différentes étapes de l'opération."