Il s’agissait du 5e interrogatoire dans le bureau des juges d’instruction pour le peintre-plaquiste tarnais, soupçonné du meurtre de son épouse à Cagnac-les-Mines fin décembre 2020. Une audition quelques jours après les révélations d’une expertise à charge pour celui qui est mis en examen depuis le 18 juin 2021 pour meurtre par conjoint : le téléphone de Delphine n’aurait jamais quitté le domicile ou ses alentours jusqu’au matin de la disparition. Les gendarmes le soupçonnent d'avoir eu en sa possession le téléphone de son épouse jusqu'au matin, et l'avoir détruit ensuite. 

 

La défense raille une dernière expertise "d'apprenti-sorcier"

« Avec la relecture ç’a duré 1H30 » a expliqué Me Alexandre Martin pour qui « les juges n’ont plus de question face à un homme qui clame son innocence » alors « on tourne en rond ». Le pénaliste moquait les dernières expertises jointe au dossier et dont nous avons eu connaissance « la première est extraordinaire, elle nous dit que quand on exerce une pression de 16 kilos, la monture casse » ; la seconde expertise « celle d’apprenti-sorcier » produite « par une officine de la banlieue Toulouse qu'on ne connait pas » est « très critiquable » estime-t-il, « je fais ce métier depuis 30 ans et on n’arrive jamais à affiner aussi précisément la localisation d’un téléphone » la preuve selon lui « sur les événements du téléphone de Delphine, à deux secondes d'intervalle à un moment donné, l'appareil accroche une cellule à 12 km, vous voyez la fiabilité du truc ? » . Selon l’avocat « on peut juste dire qu’il est resté dans la zone de Cagnac-les-Mines » ; « il y a un entêtement et un aveuglement des magistrats » clame Alexandre Martin. 

 

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"L'affaire" du bracelet électronique 

100% révélait mercredi soir que l’étude de faisabilité pour le placement sous bracelet électronique de Cédric Jubillar avait rendu un avis négatif estimant le logement inhabitable en l'état. Me Alexandre Martin reconnaissait avoir proposé « un logement éloigné de Cagnac-les-Mines » mais « le SPIP (service pénitentiaire de probation et d’insertion) répond que le logement est plein de gravats ». Pourtant « c’est une maison toulousaine avec deux appartements, l’un est habitable et il était loué l'an dernier, l’autre est avec des gravats » et « il faut finir de le retaper ». Pour le conseil, l’avis du SPIP « est d’une malhonnêteté insupportable », « nous avons demandé au juge de renvoyer le SPIP » pour une nouvelle étude de faisabilité, « si même les services de probation sont le bras armé de l’accusation, alors vous comprenez que notre combat est quotidien » concluait Me Alexandre Martin.

 


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