Cette interdiction s'inscrit dans la lutte contre les séparatismes.

 

« Les cas de radicalisation islamiste sont extrêmement marginaux ! C’est un prétexte, assez haineux d’ailleurs » affirme Marina, une toulousaine qui fait l’école à la maison. Pour elle, comme les autres membres des association Nonsc’Ô Toulouse et Les enfants d’abord au niveau national, l’annonce du Président de la République a été un véritable coup de massue. Il annonçait le 2 octobre sa stratégie pour lutter contre les séparatismes, et plus particulièrement l’islamisme radicale.

 

Une pratique déjà sous haute surveillance

Les défenseurs de l’instruction en famille déplorent la décision du chef de l’Etat, d’autant plus que l’école à la maison fait l’objet d’un encadrement rigoureux. « Depuis plus de 20 ans, notre liberté d’enseigner est rognée de plus en plus. On est très contrôlé : nos enfants sont contrôlés pour être sûr que leur droit à l’instruction est respecté ; nous sommes contrôlés sur l’instruction qu’on leur donne, par l’inspection académique ou encore la mairie. Aujourd’hui, l’Etat a des moyens de vérifier tout ça, alors pourquoi l’interdire ? » regrette Marina.  Elle soutient que cette décision prive d’une liberté, dont n’importe quel parent pourrait avoir besoin à un moment donné.

Jean-Michel Blanquer a tenté de rassurer les familles en colère et assure que le dialogue reste ouvert. Cela dit, il se veut ferme, et justifie que « l’école est bonne pour tous les enfants ». Le gouvernement compare même cette démarche à la scolarisation massive opérée par Jules Ferry au XIXe siècle. La Suède, l’Allemagne ou encore la Grèce ont avant la France déjà interdit l’école à la maison. 

 

Eva Sannino