La fille de Roland est arrivée vers 20 heures ce jeudi, très émue, pour reprendre possession des lieux.

 

A 18h30, la trentaine de squatteurs "ont été sortis" de la maison de Roland à Toulouse. Les jeunes du quartier ont négocié "pendant 48 heures" avec les occupants. Bilel, un jeune habitant du quartier La Vache, explique cette incroyable opération : "On a trouvé un terrain d'entente avec eux. On leur a fait comprendre qu'on était déterminé à rester là tous les jours mais qu'on ne voulait pas de violence. Grâce à l'énergie de chacun, aujourd'hui ils sont partis et la maison de Roland est libre". "On était deux à négocier" et "une dizaine derrière" précisait Bilel. Tout s'est décanté en 20 minutes vers 18 heures.

Peu de temps auparavant le maire Jean-Luc Moudenc était venu exiger sur place "l'expulsion des squatteurs", un scénario visiblement étudié avec le préfet de Haute-Garonne. L'application d'une telle expulsion - adossée juridiquement à la nouvelle "loi anti squat" - aurait été une première en France.

 

18h les négociations sont tendues et ponctuées d'invectives.

18h les négociations sont tendues et ponctuées d'invectives.

 

 

Roland, c'est ce retraité de 88 ans, qui vit actuellement dans le Tarn, et qui voulait vendre sa maison toulousaine pour payer la maison de retraite de sa femme de 91 ans. Sauf que la maison était squattée et il était impossible de déloger les occupants avant le mois de Juin, soit la fin de la trêve hivernale. Ce que la force publique n'a pas réussi à obtenir, la solidarité du quartier a pu l'imposer. Après 5 mois d'occupation, ce sont une dizaine de jeunes, décidés, qui ont pu faire déguerpir les squatteurs. Lesquels laissaient entendre dans un premier temps qu'ils souhaitaient avant, le départ des deux journalistes (dont votre serviteur) sur place. Probablement pour éviter d'être filmés.

 

Un départ sans violence mais hâté par quelques menaces

Selon des informations recueillis auprès des "négociateurs du quartier" les squatteurs avaient peur, peur des représailles et des arrestations "ç'a été fait sans violence, les squatteurs avaient peur et demandaient d'être protégés" ajoutant "il y a eu quelques menaces pour leur faire comprendre qu'ils devaient partir, c'est des jeunes à la rue et on doit aussi les écouter car il y a un réel souci de logement à Toulouse" expliquaient Lisa et Toukika, deux des libératrices. La police sur place a laissé faire ce départ précipité (à voir en vidéo sur nos réseaux sociaux Facebook et Twitter).

 

 

Bilel, Lisa, Toufika et les autres

Bilel, Lisa, Toufika et les autres

 

La fille de Roland arrivait environ 1 heure après le départ des squatteurs

Vers 19h30 policiers et "libérateurs" restaient à proximité de la maison de Roland, attendant l'arrivée de la fille de l'octogénaire venue reprendre possession des lieux. Vers 20 heures la fille de Roland arrivait et après quelques discussions, larmes et remerciements "je suis soulagée et bouleversée par tant de solidarité, d'autant que mon papa est malade. C'est admirable ce qu'ont fait les libérateurs et les remercie du fond du coeur. C'est inespéré et c'est la fin d'un cauchemar qui dure depuis 6 mois."    

Les policiers casqués et boucliers en main pénétraient dans la toulousaine pour une mise en sécurité. Sans difficulté. Une source policière nous précisait que la maison était "sale mais en bon état", "des déchets de nourriture par terre mais aucune déjection". 

Les squatteurs que nous n'avons pas pu approcher étaient "des gens propres sur eux" nous précisait les libérateurs, certains "parlant espagnol". 

 

La maison réinvestie par la fille du propriétaire accompagnée des forces de l'ordre.

La maison réinvestie par la fille du propriétaire accompagnée des forces de l'ordre.