Reportage avec les gendarmes de montagne et leur détachement aérien.

 

Neige abondante ou pas comme actuellement : la montagne reste dangereuse. Et tout un dispositif existe pour assurer votre sécurité en altitude : gendarmes, CRS ou pompiers.

Omniprésents sur le massif des Pyrénées les pelotons de gendarmerie de haute montagne, ou PGHM, veillent sur vous. On a pu suivre ces spécialistes opérant dans les Hautes-Pyrénées et la Haute-Garonne.

 

Nous avons rendez-vous, mardi matin, au DAG de Tarbes le détachement aérien de la gendarmerie. Il existe trois PGHM dans les Pyrénées centrales : Savignac-les-Ormeaux en Ariège, Luchon en Haute-Garonne et Pierrefitte-Nestalas en Bigorre. Seuls les deux derniers sont rattachés au DAG de Tarbes situé sur l'aérodrome de Laloubère. Le détachement est composé de huit gendarmes. Chaque jour il faut un pilote, un mécano et un radio. Les autres permanenciers viennent des PGHM 31 et 65.

Ce matin-là, Jean-Paul adjudant de Pierrefitte, Nico le pilote, Clément, Fred le mécano, Patrick venu du PGHM de Luchon et le docteur Stéphane Lère du Samu 65 sont de "perme". Ambiance détendue. Le soleil annonce une journée chargée en intervention malgré le manque de neige explique Jean-Paul Bonzoms "il y a beaucoup d'accidents en station actuellement, car la neige est dure et le domaine skiable est étroit : il y a de nombreuses collisions." 

 

 

Patrick Lecomte fait le point sur les équipements "on a des broches à glace, des piolets techniques, mais aussi pelles, sondes et balises Arva pour éviter de se faire surprendre par une avalanche." Peu de risque actuellement certes, mais l'hélico à l'abri dans son hangar est rempli de matériel.

Le gendarme Nicolas Soirat bichonne sa machine "un Airbus EC 145 est un appareil pouvant transporter jusqu'à 11 personnes, il peut aller jusqu'à deux heures de vol. On peut faire l'aller-retour jusqu'à Toulouse sans problème." C'est le cas lorsqu'un blessé grave doit être héliporté en urgence à Purpan.  

 

 

Andouillettes frites à midi pour ces sportifs qui discutent famille, qualité de neige et escalade "doucement sur l'andouillette, on va sortir aujourd'hui, faut pas être malade ! " rigole Patrick, "au pire, si tu trouves pas de sac papier, tu vomis dans celui de Fred !" lâche un des joyeux drilles dans l'hilarité générale.

L'attente ensuite... Lecture, bain de soleil ou télé et un peu avant 14 heures : l'alerte. Une femme est en délicatesse dans une ascension. 

 

 

Frédéric Mounaix sort l'hélico avec un appareil automatisé, et fait le plein de l’appareil "en fonction de l'intervention on met juste ce qu'il faut de carburant" pour alléger au maximum. L'Airbus décolle, Jean-Paul Bonzoms tient son petit carnet " je note tous les renseignements qui concernent la victime : adresse, nom prénom etc" pendant que Patrick Lecomte tente de la localiser avec précision " elle nous a donné les coordonnées GPS et je vérifie la correspondance par rapport au fond de carte".

 

20 mn de vol, l'appareil survole la zone entre deux flancs de montagne pendant quelques minutes. L'équipe repère la quinquagénaire blottie dans sa couverture de survie. Le docteur Stéphane Lère du Samu 65 établit son diagnostic. Fracture. "On vous transporte à l'hôpital de Tarbes" explique ce dernier à la malheureuse, pendant que l'hélico a repris les airs pour éviter aux secouristes et à la victime l'effet de souffle. Depuis le 1er janvier 2020, le détachement aérien a secouru 93 personnes, 2 disparus ont été retrouvés.