Le bilan de l'autorité de Sûreté nucléaire est accablant pour l'exploitant...

 

 

EDF nous met-il en danger avec sa gestion de la centrale nucléaire de Golfech ?

La qualité des opérations d'exploitation à la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) s'est encore "détériorée" en 2019, a annoncé lundi l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qualifiant de "très mauvaise" son appréciation sur le fonctionnement général du site. Lors d'une vidéoconférence de presse Bertrand Frémaux, de la division de Bordeaux de l'ASN, pointe une détérioration de la surveillance en salle de commande, et des défauts dans le respect des règles dans le pilotage des réacteurs.

 

Froid dans le dos

L'ASN a également fait état d'un "manque de rigueur systémique" en matière de maintenance, notamment dans la traçabilité "très défaillante" des informations. "L'année 2019 a aussi été marquée par la déclaration de nombreux événements significatifs pour la sûreté. Huit événements sont survenus pendant l'arrêt programmé du réacteur 2, dont un classé au niveau 2" (sur 7 de l'échelle internationale de gravité des désastres atomiques, Ines), a souligné l'ASN.

En matière de radioprotection, "nous avons constaté des situations inacceptables, notamment dans la maîtrise de la propreté radiologique des locaux potentiellement contaminés", a ajouté M. Frémaux. Au chapitre de la protection de l'environnement, des efforts sont encore à faire, l'ASN ayant constaté "des rejets intempestifs de substances non-radioactives", dont une qui s'est déversée dans la Garonne.

 

EDF sommé de s'expliquer

A la suite de ces nombreux dysfonctionnements, des représentants de la direction d'EDF et du site de Golfech ont été auditionnés au siège de l'ASN à Montrouge en janvier, pour qu'ils présentent leur "plan de redressement" du site, a précisé l'ASN. Golfech avait déjà fait l'objet d'un bilan 2018 critique, l'ASN ayant alors pointé une qualité de l'exploitation "dégradée".

Des têtes doivent-elles tomber pour stopper cette spirale infernale qui a débuté en 2018 ? "C'est déjà le cas" rappelle Mathieu Albugues "le directeur s'en va. Il paie les mauvais résultats que la CLI pointe depuis deux ans".

 

Golfech pire centrale française ?

Le président de la Commission Locale d'Information auprès du CNPE de Golfech souligne que "les propos de l'ASN sont très inquiétants".

Selon Mathieu Albugues, le nombre de salariés partis à la retraite a explosé "les nouveaux salariés sont plus jeunes, ils manquent d'expérience et de culture sûreté."  "Je ne sais pas si Golfech est la centrale nucléaire la plus dangereuse de France, je sais seulement que dans les années 1990-2000, le CNPE était montré en exemple. Aujourd'hui, c'est l'inverse" tacle le président de la CLI "j'ose espérer que la situation n'est pas la même sur tous les sites nucléaires français. Sinon il y a quelques inquiétudes à avoir..." conclut-il.

 

 

BV avec AFP.


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