Le procès hors norme s'est ouvert ce lundi devant le tribunal correctionnel de Narbonne. Il va durer 10 jours.

Ce sont les dérapages d'un "déchaînement" collectif et le "traumatisme" des gendarmes qui ont dominé hier l'ouverture du procès de 31 prévenus, jugés pour le saccage du péage de Narbonne Sud en marge de l'acte III du mouvement des "gilets jaunes", il y a un an.

"Exceptionnel", selon l'un des avocats de la défense, ce procès réunit 35 avocats et 48 parties civiles, en majorité des gendarmes et la société Vinci.

Un procès à la mesure d'"un phénomène exceptionnel au regard de la brutalité déployée" selon le Colonel Marc Gonnet, commandant du groupement de gendarmerie de l'Aude.

Evacués avant le pillage et l'incendie de leurs locaux du peloton autoroutier, les militaires avaient mal vécu de devoir se retirer face à cette "horde de barbares déchaînés", a-t-il ajouté.

 

Effet de groupe

Diffusées à l'audience, des dizaines de vidéos, dont beaucoup postées sur les réseaux sociaux, montrent des manifestants céder, dans une ambiance de liesse, à la tentation du chaos, paradant avec des tenues des gendarmes volées, bombardant de projectiles incendiaires locaux et véhicules.

Tous nés entre les années 80 et 90, les trois femmes et 28 hommes présents, dont deux en détention provisoire, doivent répondre notamment de "violences volontaires sur personnes dépositaires de l'autorité publique", "destruction volontaire de biens" et vols et recels.  

Jusqu'à 10 ans de prison

Les peines encourues sont très variables selon les prévenus, mais certains risquent jusqu'à 10 ans d'emprisonnement et des amendes de plusieurs milliers d'euros.

Un 32ème mis en cause, mineur, sera jugé séparément et ultérieurement.

Les violences, dans la nuit du 1er au 2 décembre, concluaient une journée tendue de manifestations de "gilets jaunes", notamment à Paris avec des scènes de guérilla urbaine autour des Champs-Élysées.

 

(source AFP)