Le Groupe Nicollin s'est-il trompé dans le dosage de son microbiocide ?

 

Des policiers de Castres et d'Albi ont été gravement intoxiqués, suite à l'intervention d'une société d’entretien ayant pignon sur rue dans le sud de la France.    

Selon nos informations, après l’épisode de Covid 19 au commissariat de Castres début octobre, le groupe de nettoyage Nicollin a été chargé de désinfecter les locaux. Sauf qu'une fois l'opération de nettoyage terminée, des policiers ont été victimes de grosses gênes respiratoires après avoir réintégré leurs locaux.

 

Un produit toxique inhalé

Selon nos informations, la société de nettoyage basée dans l'Hérault aurait utilisé un fumigène désinfectant destiné à se débarrasser du Covid, ce type de produit "microbiocide" est en principe "capable d'éliminer virus, bactéries, moisissures et spores" précisent les industriels. Le désinfectant se propage et se dépose sur toutes les surfaces. Le produit était-il ultra corrosif et conçu pour des volumes plus importants (comme des hangars) et non pour des locaux aussi exigus que des hôtels de police ? Car à la Toussaint, ç’a toussé quand les fonctionnaires de Castres et Albi ont réintégré leurs bureaux ! Des policiers auraient été, pour certains, pris de malaises. Au moins une personne a été pris en charge en ambulance par le Samu 81, elle serait toujours actuellement en arrêt de travail.

 

70 policiers intoxiqués ?

Plusieurs questions se posent : pourquoi ce surdosage - s’il est avéré ? Le groupe Nicollin s'est-il trompé de produit ? Négligence ou acte délibéré ? Le parquet d'Albi a ouvert une enquête préliminaire confiée au SRPJ (Service régional de police judiciaire) de Toulouse. Selon nos informations, les policiers d'Albi ont été victimes de l'intoxication le 13 octobre. De source syndicale : une trentaine de déclarations d'accidents du travail ont été déposées par les policiers albigeois, une quarantaine à Castres (soit la quasi totalité de policiers présents ce jour-là dans le commissariat sud-tarnais).

 

Une enquête ouverte

"Une plainte contre X a été déposée" nous affirme le Directeur départemental de la sécurité publique du Tarn, Pascal Dumas, qui précise qu'un "comité de suivi a été mis en place" ainsi qu'un "référent sécurité au travail venu de Toulouse" pour suivre l'évolution de l'état de santé des personnels touchés. Ce fumigène utilisé "contre" les forces de l’ordre pourrait coûter fort cher au groupe Nicollin, la désinfection ayant fait plus de victimes parmi les fonctionnaires tarnais que le Covid lui-même.  

 

 

Brice Vidal avec LB.

Crédit photo via @GROUPENICOLLIN.