Le SDIS expérimente les caméras piéton pour dissuader les agresseurs.

 

Les pompiers sont de plus en plus la cible d’agressions, notamment en Haute-Garonne. Dans le département, 28 plaintes ont été déposées par des personnels du Service départemental d'incendie et de secours  en 2018, déjà 23 en 2019. Avec une augmentation de 47% des agressions de sapeurs-pompiers entre 2017 et 2018, "la Haute-Garonne s’est naturellement portée candidate à l’expérimentation de l’utilisation des caméras mobiles" explique le SDIS. 

Car si plus de 95% de la population plébiscite l’action des pompiers, on assiste "depuis moins d'une dizaine d'années à des victimes qui deviennent agresseurs" raconte le lieutenant Rémi Petitjean du centre de secours de Toulouse-Lounion. Il coordonne le dispositif de caméras mobiles ; "le chef de groupe ou un autre sapeur-pompier s'équipera de la caméra avant de partir en intervention. C'est d'abord un dispositif préventif qui permettra de faire baisser la tension." Une fois les protagonistes prévenus et filmés, ils sont moins enclin à l'agression : un constat des pompiers qui ont étudié les retours d'expérience des policiers nationaux et municipaux.

"Il s'agit souvent de personnes ayant des problèmes psychiatriques, des marginaux, ou des individus alcoolisé" explique notre pompier qui constate que désormais "ces violences ne se cantonnent plus seulement aux quartiers sensibles, mais touchent aussi le centre-ville et les zones rurales."

 

 

Pas dans l'ADN des pompiers

Les agents du SDIS - habitués à sauver et non à réprimer ou contrôler - semblent presque expérimenter ce dispositif à contre-coeur, "c'est pas dans l'ADN des pompiers, mais face à la recrudescence des agressions, nous n'avions plus le choix" constate, amer, le lieutenant-colonel Christophe Ghiani qui commande la caserne Vion.

"Désormais on ne laissera plus rien passer" renchérit le colonel Christophe Landrieau, le directeur adjoint du SDIS 31. Ce dernier admet que "les agressions des pompiers étaient cantonnées dans les années 90 et 2000 aux violences urbaines, mais le visage de cette violence a changé". Le n°2 des pompiers du département constate les dégâts sur ses troupes "une fois la surprise et la colère passées, on est dans l'atteinte psychologique" et il devient nécessaire d'accompagner ces hommes injustement attaqués.

 

 

Depuis l’autorisation préfectorale en date du 11 octobre 2019, et le décret du 17 juillet 2019, le SDIS 31 dote les centres d’incendie et de secours de Toulouse Vion et de Toulouse Lougnon de 5 caméras chacun.

Ce dispositif devrait ainsi permettre d’une part, de mieux protéger les sapeurs-pompiers dans certaines situations et d’autre part, de constater des agressions et poursuivre leurs auteurs par la collecte de preuves ; "seul un nombre restreint de personnes pourront visionner les images qui seront conservées 6 mois" précise le lieutenant Petitjean.