Enquête 100% : Des surveillants pénitentiaires radicalisés endoctrinent-ils des détenus mineurs à l'EPM de Lavaur ?

Enquête 100% : Des surveillants pénitentiaires radicalisés endoctrinent-ils des détenus mineurs à l'EPM
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Enquête 100% : Des surveillants pénitentiaires radicalisés endoctrinent-ils des détenus mineurs à l'EPM de Lavaur ?
Tarn
modifié le 02/12/2019 à 04:18

Des gardiens de prisons radicalisés en Occitanie : la hiérarchie serait impuissante.

 

Nous nous étions faits l'écho de cette information début 2019, la situation apparaît de plus en plus inquiétante au fur et à mesure de nos investigations. 

Les langues se délient dans les services pénitentiaires, après le drame survenu à la Préfecture de police de Paris, où un policier radicalisé a tué plusieurs de ses collègues. En Occitanie, la situation dans les prisons inquiète.

Des lanceurs d’alerte actuellement en poste dénoncent 'le laisser-faire dans certains services pénitentiaires". Ces agents ont souhaité rester anonymes, pour leur sécurité et éviter les sanctions disciplinaires. Ils pointent l'inaction de la hiérarchie "les services pénitentiaires savent pertinemment que des surveillants sont radicalisés et même surveillés par les services de la DGSI (Direction générale de la surveillance du territoire) mais ne font rien". Et ce n’est pas tout.

 

La prison pour mineurs de Lavaur : terrain propice au prosélytisme salafiste

Selon nos informations, des personnels fichés S sont en contact réguliers, parfois seul à seul et pendant plusieurs heures avec des jeunes mineurs à l'EPM (établissement pénitentiaire pour mineurs) de Lavaur, dans le Tarn. Doit-on craindre un endoctrinement de ces jeunes gens - déjà en rupture avec la loi et le droit commun - par des cellules salafistes ? Plusieurs sources en Occitanie s’inquiètent de possibles "lavages de cerveaux opérés auprès de jeunes mineurs incarcérés, déjà radicalisés, fragiles et influençables."

Difficile de comprendre les raisons d'une telle inertie de la part de l'administration, pourtant au courant de ces agissements. Le manque de personnel en prison pourrait conduire certains chefs d’établissements à fermer les yeux. Autre information inquiétante : des personnels pénitentiaires fichés S, ou surveillés, feraient de bien suspectes demandes de mutation, pour rejoindre l’établissement pour mineurs de Lavaur...

 

Au moins deux agents dans le collimateur...

Selon nos informations, "les directions des établissements pénitentiaires de Lavaur (Tarn) et Seysses (Haute-Garonne) savent pertinemment qu’au moins un agent dans chaque structure est surveillé, mais ne prennent aucune mesure et laissent les individus au contact de la population carcérale. N'est-il pas possible de les mettre à l’écart, dans des services administratifs sans relation avec les détenus ?" s'indigne un de nos lanceurs d'alerte.

Nous avons eu confirmation que les services pénitentiaires sont informés officiellement de l’identité d'au moins un fonctionnaire surveillé par le renseignement français. 

 

Quand un gardien convainc un détenu d'agresser un surveillant arabe non musulman

Illustration de cette ambiance délétère : il y a plusieurs mois, un agent aurait convaincu un détenu d’agresser physiquement un autre surveillant. "Une attaque au prétexte que ce dernier, d’origine arabe, ne faisait pas le ramadan. L’homme a été blessé et a quitté la région après cette agression."

La rédaction a sollicité la direction inter-régionale des services pénitentiaires d’Occitanie qui n’a pas souhaité donner suite à notre demande d’interview.