L'Azuréenne de Protection est dans le collimateur des autorités.

 

L’Azuréenne de Protection, une société de sécurité opérant notamment à Toulouse, est dans le collimateur des autorités.  

Tout commence début octobre, dans le cadre d’une opération de police. De l’argent, de la drogue et une arme sont retrouvés chez ce prestataire sécurité de Toulouse Métropole Habitat. TMH met à sa disposition un logement aux Izards, pour les vacations des agents.

 

Certains employés fichés S et proches des voyous ? 

 

La perquisition aurait permis aux enquêteurs de retrouver sur place plusieurs milliers d’euros, mais aussi des stupéfiants et un pistolet à gaz. Selon nos informations, les policiers poursuivaient un suspect réfugié dans le logement occupé par un employé de "L'Azuréenne de Protection". Ce dernier a été placé en garde à vue dans la foulée des découvertes, puis relâché. Le fuyard aussi a été interpellé.

Mais cette perquisition aurait conduit des policiers à s’intéresser de plus près à cette société à la réputation trouble, dans le milieu de la sécurité à Toulouse. Est-elle trop proche des trafiquants gangrénant certains quartiers sensibles ? Des policiers en sont convaincus.

Des quartiers bruissent depuis plusieurs semaines de « liens suspects » entre « L’Azuréenne de Protection » et les dealers. On parle de clients faisant leurs « courses » de stupéfiants dans les cages d’escalier, sous l’œil bienveillant des agents de sécurité, faisant rentrer les clients cinq par cinq. Les policiers équipés de caméra GoPro auraient notamment filmé une scène édifiante Cité Madrid…

Autre suspicion : des employés de « l’Azuréenne de Protection » seraient-ils fichés S pour radicalisation, suivis par la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) et par le Renseignement territorial ? La question est légitime alors que la Préfecture de Haute-Garonne semble se "couvrir" dans ce dossier.  

 

La préfecture alerte Jean-Luc Moudenc quant à l'honorabilité de "L’Azuréenne"

 

"L'Azuréenne de Protection" est une société basée à Marseille, les agents de sécurité employés dans la Ville rose depuis 2018 sont majoritairement des ressortissants tchétchènes de nationalité russe.

Prévenu par ses services, le Préfet a alerté Jean-Luc Moudenc le 25 octobre concernant les activités de "L’Azuréenne de Protection". Etienne Guyot, lecteur assidu des rapports des services de renseignements et des services judiciaires, aurait fait part de ses réserves quant à la probité du prestataire, sans pour autant demander la rupture de contrat entre ce dernier et le bailleur. Comprenez : certains employés sont plus proches des méchants que des gentils. L'édition d'un tel courrier - procédure plutôt rare - laisse penser que la Préfecture préfère "ouvrir le parapluie" tout en faisant sonner les alarmes.

 

Le Président de Toulouse Métropole a, de fait, alerté Franck Biasotto, président de TMH.  "Par un courrier reçu le 12 novembre, quoique daté du 31 octobre, le Président de Toulouse Métropole Habitat a répondu à Jean-Luc Moudenc, qui l'a transmis à Monsieur le Préfet, ce jeudi 14 novembre" indique Toulouse Métropole. "S'il y avait défaillance du prestataire, nous mettrions immédiatement fin au contrat qui lie ce dernier à TMH" a précisé récemment à 100% un responsable de TM. Mais l'affaire n'est pas si simple. Toulouse Métropole Habitat verserait environ 1 million d'euros chaque année à l'entreprise de sécurité controversée. Elle assure la surveillance de plusieurs ensembles urbains sur Toulouse (« Varèse » à la Reynerie, « Place des Faons » aux Izards mais aussi Reynerie, Amilhau ou cité Madrid…). 

 

Une affaire de gros sous

 

Interrogés, des habitants des Izards nous ont laissé entendre que l'ambiance s'était améliorée depuis que Toulouse Métropole a recours à "L'Azuréenne de Protection".

Ce que confirme les services de TM qui rappellent que ce choix a fait suite à une visite "en juillet 2017 dans les départements de l’Oise et du Nord, pour s’assurer du sérieux de cette entreprise" qui "a fait ses preuves [...] elle permet aux locataires [...] de jouir paisiblement des parties communes [...] sans subir le harcèlement, la fouille, les nuisances et les violences [...] imposés par les dealers. Des services qui rappellent qu' "il y a deux ans la recrudescence du trafic empêchait TMH de pénétrer dans ses propres immeubles [...] Les locataires étant régulièrement pris à partie..."

 

"Plusieurs mises en cause de cette entreprise ont été exprimées, sans pour autant qu'en soit apportée quelque preuve que ce soit" affirme la Métropole. Si aucune infraction n'a été caractérisée, l'alarme qu'a déclenché la Préfecture pourrait faire bouger les lignes.

Une infraction de droit commun aurait été du ressort du seul Procureur. Or l'intervention du Préfet, dont les grandes oreilles remontent jusqu'à la DGSI, laisse penser à un risque grave de trouble à la sécurité publique (islamisme ?), alors que le contrat entre TMH et l'Azuréenne court jusqu'au 1er août 2020.

La pénalité encourue par Toulouse Métropole Habitat en cas de rupture anticipée et non étayée s’élèverait à près de 700 000 € nous assure-t-on. Pour la collectivité, la balle est dans le camp de l'Etat. Seule une infraction avérée peut remettre en cause l’agrément délivré par le Conseil National des Activités Privées de Sécurité - exigé par Toulouse Métropole Habitat. TMH agirait en conséquence et résilierait alors ce marché sans payer de pénalité.