Les délinquants auraient-ils la belle vie à Muret ? Non que la gendarmerie, compétente et particulièrement active dans le secteur, soit défaillante dans la résolution des affaires, bien au contraire. Mais les enquêteurs agissant sur ordre des magistrats (on le rappelle) seraient confrontés à un problème de taille : les caméras sont quasi-inexistantes.

Muret est en effet sous dotée en terme de vidéo-protection. La commune, qui compte plus de 25 000 habitants, possèderait seulement 5 caméras, elles observent la place de la République et le square Maïmat. En comparaison, Balma et ses 15 000 habitants possède 48 caméras.

 

La « vidéo-résolution » impossible à Muret

Pire, une source muretaine nous explique que les caméras « ne sont pas connectées au poste central de la police municipale » et « il faut aller relever les images sur un disque dur » qui la plupart du temps « ne fonctionne pas » ou alors « quand le disque dur est plein ça n’enregistre plus ». Le système demanderait un suivi relativement lourd pour les 7 policiers municipaux de Muret qui ne travailleraient jamais le week-end.

Une autre source proche du dossier confirme ces éléments et s’inquiète : « vu la recrudescence des trafics, notamment de stupéfiants, trop de secteurs ne sont pas surveillés comme ils devraient l’être ». Actuellement, le système existant est « archaïque et défaillant, il faut tout revoir ».

Conséquence, les enquêteurs de la gendarmerie ou de la police judiciaire ne bénéficient jamais de l’aide précieuse de la vidéo pour des constatations ou croiser des indices, « les enquêteurs démarrent souvent de zéro, cela impacte forcément la réponse pénale » nous explique une source judiciaire. « Pourtant une affaire d’agression sexuelle avait été résolue grâce aux caméras situées sur la place de la République. Et le maire le sait » nous précise-t-on.    

 

Le maire fermement opposé à la vidéo-surveillance      

Avec « le renforcement de la vidéo-protection à Toulouse et sur la périphérie » on observe « un déplacement des trafics vers Muret » constate Laurent Mazuray, ancien adjoint en charge de la tranquillité publique ; « il suffit de circuler en centre-ville pour voir ce qu’il se passe » lâche ce pro-vidéo à qui André Mandement a retiré sa délégation en 2016.

Le maire s’est vivement opposé au plan de développement de la vidéo protection à Muret, il aurait une position « très idéologique et dogmatique qui correspond aux standards d’il y a 20 ou 25 ans » explique Laurent Mazuray « alors que des maires socialistes ont développé la vidéo » ajoute-t-il. « N’a-t-il pas dit : moi de mon vivant, il n’y aura pas de vidéo surveillance supplémentaire » rappelle l’ancien adjoint écarté. Il précise « Muret est une ville en longueur, quand j’étais élu la gendarmerie m’avait proposé un maillage : il fallait des caméras sur les points d’entrées de la ville ». Il serait ainsi facile d’identifier les auteurs de délits ou de crimes.

Contactées, ni la mairie ni la compagnie de gendarmerie de Muret n’ont souhaité commenter nos informations.

 

On compte 5 caméras à Muret, moins une visiblement...

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