Environ 5000 personnes déambulaient ce mardi dans les rues de la ville.


Déjà le deuxième volet de la manifestation contre la réforme des retraites à Perpignan et plusieurs milliers de personnes battaient le pavé ce mardi dans la capitale nord-catalane. 5 000 personnes déambulaient ce mardi dans les rues de la ville. Les syndicats comptent 7 000 manifestants alors que la préfecture en annonce 3 000. Des chiffres en légère baisse par rapport à la première mobilisation qui avait réuni 10 000 perpignanais le 5 décembre dernier.

Une mobilisation loin d'être terminée

Ce mardi 10 décembre, le cortège a démarré de la Place Catalogne à 10h30 puis a traversé les Grands Boulevards pour rejoindre le pied du Castillet. Parmi les manifestants mobilisés, encore une fois syndicats et nombreux salariés du public. Tous n’avaient qu’un seul mot d’ordre en tête : « ne rien lâcher », c’est-à-dire continuer la grève et les divers rassemblements tant que le gouvernement ne cède pas…

Ecoutez justement ces quelques manifestants interrogés par notre correspondant sur place. Ils sont infirmiers, pompiers, enseignants ou encore cheminots.

Infirmiers, pompiers, enseignants et cheminots mobilisés ce 10 décembre


La police était même de la partie, à l’image des quelques représentants du syndicat Alliance Police Nationale, comme son secrétaire départemental Franck Rovira.

"Nous on a un métier qui est dangereux, qui est atypique. On veut préserver notre statut spécial, et je crois que tous les policiers sont déterminés à se battre pour ça."

Franc Rovira, secrétaire départemental Alliance Police Nationale


Et le Premier ministre Edouard Philippe doit faire des annonces ce mercredi au sujet la réforme des retraites. Une majorité des syndicats appellent tout de même à un nouveau rassemblement ce jeudi à Perpignan.  

Deux incidents

Même si la manifestation s'est déroulée dans une bonne ambiance générale, un homme a tout de même été arrêté ce mardi. Il s'agit d'un gilet jaune qui aurait critiqué la présence de policiers au sein même du cortège. Selon nos confrères de l'Indépendant, il a été interpellé pour "provocation de crimes ou délits" et "outrage à personnes dépositaires de l'autorité publique". Il sera auditionné ce mercredi matin et devrait passer la nuit au commissariat de police.

Un autre incident a eu lieu dans la matinée, il s'agit d'une coupure de courant. Environ 5000 foyers du centre-ville de Perpignan ont été privés d'électricité jusqu'à midi. 
Il ne s’agit pas là d'une coupure anodine mais d’une action revendiquée par la CGT Energie 66. Le syndicat a voulu priver d'énergie la préfecture et le secteur industriel de Saint-Charles, dans le cadre de sa lutte contre la réforme des retraites et la privatisation d'EDF.  

L'objectif : une « prise de conscience de la précarité énergétique », c’est ce qu’explique Xavier Charreyron, secrétaire général de la CGT Energie 66, qui assume pleinement cette opération.

"On a coupé la préfecture pour que par exemple Monsieur le Préfet sache ce que c'est de vivre sans électricité."

Xavier Charreyron, secrétaire général de la CGT Energie 66

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La direction d’Enedis à Perpignan a quant à elle parlé de cette opération comme d'un « acte malveillant ». Selon le syndicat, il n’y avait aucune volonté d'impacter les particuliers.