Patrice Gausserand, le Maire de Gaillac, et son associé Pierre-Yves Olivier ont comparu ce jeudi devant la justice Albigeoise, poursuivis pour prise illégale d'intérêts, corruption passive et complicité de corruption.

En 2017, les deux hommes avaient rendu visite aux gérants du bar La Bodéga de Gaillac, pour obtenir le départ anticipé de ces locataires et lancer ainsi leur projet: un restaurant de standing dans ce bâtiment situé en face de l'Abbaye St Michel, qu'ils venaient de racheter avec la société le Comptoir des Bastides, dont le Maire est actionnaire et salarié.

 

Hier, le Parquet a estimé qu'il y avait eu mélange des genres. Le procureur Alain  Berthomieu, fait rare, s’en est pris à la personnalité de Patrice Gausserand, lui disant «  vous vous êtes affranchi des règles, vous êtes un affairiste  et vous avez détourné un mandat public pour des intérêts personnel».

10 ans d'inéligibilité

Le procureur a requis à l’encontre de Pierre-Yves Olivier 6 mois de prison avec sursis et 10 000€ d’amende.

Puis 12mois de prison avec sursis, 20 000€ d’amende et surtout 10 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire contre le maire de gaillac. 

Les avocats de la défense ont souhaité  que l’enregistrement effectué par le propriétaire de la bodéga à l’insu de Patrice Gausserand soit jugé irrecevable pour faire annuler le procès, expliquant je cite que « le gérant du bar a poussé Patrice Gausserand à faire des menaces pour l’enregistrer et le piéger ».

Maître Laurent DECAUNES, avocat de Patrice Gausserand, dénonce un procès politique:

 

 

Des réquisitions sévères, car si un jugement pénal condamne un élu à l'inéligibilité avec exécution provisoire, cet élu perd ses mandats même s'il fait appel au pénal.

L'ambiance a été qualifiée de "surréaliste" par la défense de Pierre-Yves Olivier, l'associé de Patrice gausserand.

Maître jean Gonthier:

 

 

L'avocat d'un des gérants du bar La Bodéga, maître Christin Antony, a dénoncé "des pratiques d’un autre temps", plus tolérables de la part d’un politique:

 

 

Le deuxième avocat du gérant de la bodega, maître Henry Ermeneux, va plus loin en parlant de "mafia":

 

 

Le jugement a été mis en délibéré et sera rendu en septembre.